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L'Europe mise sur le laser pour sécuriser ses communications par satellite

Par Vincent Lautier - Publié le

Le CNES, Thales Alenia Space, Safran et l'opérateur chypriote Hellas Sat viennent de s'associer autour de SOLiS, un système de communication par laser qui sera embarqué sur le futur satellite géostationnaire Hellas Sat 5. L'objectif affiché : des débits proches de 1 térabit par seconde, alors que les câbles sous-marins européens sont de plus en plus menacés.

L'Europe mise sur le laser pour sécuriser ses communications par satellite


Du laser depuis l'orbite géostationnaire



L'accord a été signé il y a quelques jours à Nicosie, entre quatre acteurs : Hellas Sat (opérateur de satellite basé à Chypre), le CNES, Thales Alenia Space et Safran. Le projet s'appuie sur SOLiS (Service Optique de Liaisons Spatiales Sécurisées), un système de communications optiques développé dans le cadre de France 2030. L'idée : remplacer les ondes radio habituelles par un faisceau laser pour transmettre des données depuis l'orbite. La technologie employée, dite "en espace libre", permettrait d'atteindre des débits proches de 1 térabit par seconde, là où les satellites actuels plafonnent seulement à quelques dizaines de gigabits. Le tout sera embarqué sur le futur satellite Hellas Sat 5.

L'Europe mise sur le laser pour sécuriser ses communications par satellite


Des câbles sous-marins de plus en plus visés



Pourquoi cette technologie ? Eh bien probablement parce que les câbles qui assurent la majorité des échanges numériques aujourd'hui sont devenus des cibles de choix. Sept câbles ont été endommagés entre 2024 et 2025 en mer Baltique, et les protéger coûte une fortune. Le relais laser depuis l'orbite permettrait de contourner en partie le problème, pour a minima, faire transiter les données les plus sensibles. Avec des débits aussi importants, on pourrait aussi éviter d'envoyer des milliers de satellites en même temps, mais se limiter à quelques-uns particulièrement performants.

L'Europe mise sur le laser pour sécuriser ses communications par satellite


Qui fait quoi dans cette affaire ?



Côté répartition des tâches, c'est assez clair. Thales Alenia Space fournira la charge utile optique et le système SOLiS. Safran développera de son côté une station sol pilote sur le téléport de Hellas Sat à Chypre, qui communiquera avec FROGS, une station déjà exploitée par le CNES. Le projet s'inscrit d'ailleurs dans un mouvement plus large : l'Europe prépare aussi EuroQCI, une infrastructure de communication quantique qui doit devenir opérationnelle à partir de 2026, et le satellite Eagle-1, qui testera la distribution de clés quantiques depuis l'orbite basse.

On en dit quoi ?



L'initiative est bonne, et le fait que quatre acteurs de cette taille s'associent montre que le sujet est sérieux. Il y aura quand même des difficultés à surmonter. Les liaisons laser restent très sensibles aux conditions atmosphériques, un point que le communiqué passe un peu sous silence. En tout cas on espère que ça ira au bout, parce que l'Europe a bien besoin de solutions de secours crédibles pour ses réseaux.