La compagnie low-cost américaine Spirit Airlines a annoncé l'arrêt total de ses opérations après l'échec d'une demande d'aide fédérale de 500 millions de dollars. 17 000 employés directs et indirects sont sur le carreau, et des dizaines de milliers de passagers se retrouvent sans vol.
Une fermeture immédiate
Spirit Airlines a donc entamé un arrêt ordonné de ses activités, avec effet immédiat. Tous les vols sont annulés, le service client a fermé, et les terminaux de la compagnie ont été désertés en quelques heures. À Detroit Metro Airport, où Spirit était le deuxième transporteur en nombre de vols avec 1,7 million de passagers en 2025, les voyageurs ont été invités à ne plus se présenter à l'aéroport. Delta propose des tarifs de secours non-remboursables sur cinq jours pour aider les naufragés à se replacer.
17 000 emplois et 60 000 passagers par jour à la rue
Le bilan humain est lourd. Environ 17 000 personnes, salariés directs et personnels sous-traitants, perdent leur emploi du jour au lendemain. Côté voyageurs, l'addition est tout aussi salée : la compagnie avait 9 000 vols programmés sur le mois de mai, soit environ 1,8 million de sièges. Près de 300 vols et 60 000 passagers étaient prévus chaque jour rien que pour les semaines à venir. Spirit desservait également la Colombie, avec des liaisons depuis Bogota, Medellin ou Cartagena vers la Floride. Tout vient de s'effondrer en une nuit.
Une chute inévitable
La compagnie low cost avait déjà déposé le bilan deux fois depuis 2024, plombée par la hausse du carburant, la dette accumulée et un modèle low-cost dépassé par les nouvelles offres plus flexibles des grands acteurs. La fusion imaginée avec JetBlue avait été bloquée en 2023 par l'administration Biden, au motif d'une concurrence trop limitée. La tentative de la dernière chance, un sauvetage fédéral de 500 millions de dollars, a échoué après le rejet d'un groupe de créanciers clés.
On en dit quoi ?
C'est une page qui se tourne pour le voyage à bas prix aux États-Unis. Spirit, c'était l'archétype du low-cost américain : sièges sans inclinaison, suppléments sur tout, et un coût souvent ridicule pour traverser le pays.
Côté voyageurs, l'effet domino sur les prix risque d'arriver vite : moins de capacité sur les routes intérieures américaines, c'est mécaniquement des billets plus chers. Si vous aviez prévu un road trip US cet été avec des vols, prévoyez aussi un budget un peu plus large.