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Meta s'offre une pépite de la robotique humanoïde après avoir viré 8000 personnes

Par Vincent Lautier - Publié le

Meta a discrètement bouclé le rachat de la startup américaine Assured Robot Intelligence, spécialisée dans l'intelligence artificielle pour robots humanoïdes. L'équipe entière rejoint Superintelligence Labs, la division IA maison. Sauf que l'opération tombe au pire moment côté image, alors que le groupe s'apprête à licencier près de 8 000 personnes.

Meta s'offre une pépite de la robotique humanoïde après avoir viré 8000 personnes


ARI, une jeune pousse à fort pedigree



ARI a été fondée par Lerrel Pinto et Xiaolong Wang, deux noms reconnus du milieu. Pinto enseignait à l'université de New York et avait déjà co-fondé Fauna Robotics, avalée par Amazon il y a à peine deux mois. Wang sortait lui de chez Nvidia et de l'université de Californie à San Diego. Leur startup développait des modèles fondamentaux capables de faire apprendre à un robot humanoïde les gestes du quotidien, de comprendre les comportements humains et de s'adapter à des environnements changeants. Bref, le Saint Graal de la robotique domestique, qui intéresse aujourd'hui tout le monde.

Meta s'offre une pépite de la robotique humanoïde après avoir viré 8000 personnes


Une stratégie type Android pour les humanoïdes



Meta ne se contente pas de bricoler des prototypes en interne. Le groupe développe son propre matériel humanoïde, ses capteurs et son logiciel, dans l'idée de licencier la techno à d'autres fabricants. Le CTO Andrew Bosworth assume la comparaison : Meta veut faire pour les robots ce que Google a fait avec Android pour les smartphones, devenir la plateforme par défaut. Le rachat d'ARI s'intègre pile dans cette mécanique, en injectant de l'expertise immédiate dans Superintelligence Labs et le Robotics Studio interne. La concurrence est bien sûr rude, entre Tesla qui pousse Optimus, Amazon qui vient d'acquérir Fauna, et tout le monde qui court derrière le même business.

Acheter pendant qu'on licencie



Là où ça coince, c'est le calendrier. Mark Zuckerberg a confirmé que ces dépenses massives en infrastructure forçaient l'entreprise à tailler dans la masse salariale. Près de 8 000 postes vont disparaître, soit environ 10% des effectifs. Acheter une startup de robotique en plein plan social, ça passe mal.

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On en dit quoi ?



C'est devenu un classique de la tech américaine : on coupe les emplois humains pour mieux financer la machine qui pourrait les remplacer. Tout ceci veut surtout dire que la course aux humanoïdes domestiques est lancée à plein régime. Apple est plus discrète sur le sujet, avec son projet de robot domestique évoqué depuis des mois mais jamais officialisé. À voir si Cupertino choisit aussi le chéquier ou si la marque préfère, comme d'habitude, attendre que le marché se stabilise avant d'y entrer.