Revolut vient d'annoncer avoir franchi la barre des 8 millions de clients en France en juillet 2026, soit un million de plus qu'au printemps dernier. La néobanque, désormais plus téléchargée dans l'Hexagone qu'Instagram ou TikTok, prépare même un siège à Paris pour asseoir son ancrage. Sauf qu'elle reste, sur le papier, une banque lituanienne.
Une croissance dingue
Les chiffres sont assez fous, puisque Revolut est passée de 7 millions de clients français en avril à 8 millions en juillet, après avoir déjà recruté 2,5 millions de nouveaux venus sur la seule année 2025 et plus de 500 000 sur le dernier trimestre. L'application se télécharge deux fois et demie plus que celle de son concurrent bancaire le plus proche, et se paie même le luxe de dépasser Instagram et TikTok au classement des installations sur certaines périodes. Cette dynamique française n'est d'ailleurs que le reflet d'une machine mondiale qui tourne à plein régime, avec 75 millions de clients répartis sur une quarantaine de marchés, un chiffre d'affaires passé de 3,7 à 5 milliards d'euros en un an, et une valorisation qui a atteint 75 milliards de dollars lors de sa dernière levée de fonds.
Un siège à Paris et de gros moyens
Pour accompagner tout ça, Revolut ne se contente plus de son application, et prépare l'ouverture début 2027 d'un siège pour l'Europe de l'Ouest rue Réaumur, en plein quartier du Sentier à Paris, sur 2 400 mètres carrés. Dévoilé lors du sommet Choose France, ce QG doit piloter un bassin de plus de 25 millions de clients qui déborde sur l'Italie et l'Allemagne, avec 650 salariés attendus en Île-de-France d'ici 2030 et déjà plus d'un milliard d'euros investis, histoire de rappeler que la France n'est pas un simple marché de passage mais un des piliers de sa stratégie européenne.
Mais toujours pas de licence française
Le problème, c'est que derrière ce discours très tricolore se cache une réalité plus lituanienne que française. Revolut opère toujours dans l'Hexagone avec une licence bancaire décrochée à Vilnius, faute d'agrément français, et sa demande déposée à l'ACPR en juillet 2025 patiente encore sur le bureau du régulateur un an plus tard, même si la marque jure que ça avance. On est loin du détail , puisqu'un IBAN qui commence par FR ne fait pas de Revolut une banque française pour autant, et que la garantie de vos dépôts dépend au bout du compte du fonds lituanien et pas du français, ce que beaucoup de clients ignorent aujourd'hui.
On en dit quoi ?
La croissance est forte, ça ne se discute pas, et l'ouverture d'un siège parisien montre que Revolut arrête de traiter la France comme un marché secondaire. N'empêche qu'une banque forte de 8 millions de clients tricolores et toujours adossée à une licence lituanienne, un an après avoir réclamé la française, ça pose quand même question En attendant l'agrément, autant le savoir, vos économies dorment sous une garantie basée à Vilnius.