Emmanuel Macron vient d'annoncer une mission d'experts sur, je cite, « les dangers des jeux vidéo et de l'IA pour la santé mentale des adolescents ». Si les conclusions le justifient, le président n'exclut pas d'interdire certains jeux. Résultats attendus en mai-juin 2026. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas accusé les jeux vidéo de tous les maux tiens…
Les jeux vidéo violents dans le viseur
Lors d'une interview accordée au média Brut, le chef de l'État a donc annoncé la création d'une étude scientifique sur l'impact des jeux vidéo chez les jeunes. Le Conseil national du numérique et de l'IA supervisera les travaux pendant deux mois. Macron a ciblé les jeux où l'on passe, je cite, cinq ou six heures par jour à tuer des gens, estimant que ce type de contenu peut conditionner les comportements et réduire les inhibitions. Si les experts établissent un consensus scientifique sur les effets néfastes, le président a prévenu : peut-être qu'il faudra interdire. Un débat récurrent depuis que les jeux vidéo existent.
L'IA inquiète aussi le président
Autre sujet posé sur la table : les agents conversationnels propulsés par l'intelligence artificielle. Deux psychiatres, les professeurs Raphaël Gaillard et Amine Benyamina (spécialiste des addictions), sont chargés d'analyser si ces outils génèrent des troubles ou de la souffrance chez les adolescents. Le président a pointé le fait que ces IA imitent l'empathie humaine et se comportent comme un ami. Ce qui renforcerait l'isolement de certains jeunes.
Les réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans
Cette annonce fait partie d'une offensive plus large contre les écrans. Macron défend toujours son projet phare, à savoir interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, avec vérification de l'âge et anonymat préservé. Il pousse aussi l'Union européenne à imposer un label « fait avec l'IA » sur tous les contenus générés artificiellement.
L'IA aussi dans le viseur
On en dit quoi ?
Protéger les ados des écrans, personne n'est contre. Le problème, c'est le flou habituel qui entoure tout ça. Quels jeux seraient concernés ? Call of Duty ? Fortnite ? Qui décide ? Et c'est quoi le sujet concrètement ? Interdire littéralement ces jeux ? Limiter le nombre d'heures de jeu par jour ? Dans un pays riche d'une création et d'une culture autour du jeu vidéo, c'est assez vertigineux. Franchement, deux mois pour réguler un secteur de plusieurs milliards d'euros, ça n'a aucun sens, d'autant plus que des études sur la « nocivité » supposée des jeux vidéo, il y en a déjà eu des tas. Difficile de les résumer en quelques lignes, mais globalement les études ont toujours montré un consensus assez nuancé, avec un lien faible entre jeux violents et hausse de l'agressivité chez les jeunes. Le vrai problème, c'est l'addiction en général, mais cibler le jeu en tant que tel, c'est usant. On espère que les experts auront le dernier mot, et pas les communicants de l'Élysée.