Mis en vente par GameStop depuis février 2025, Micromania-Zing vient de trouver preneur auprès de quatre entrepreneurs franco-québécois. Les quelque 300 magasins français et les 1 200 emplois sont préservés, et les repreneurs promettent de faire de l'enseigne bien plus qu'un simple vendeur de jeux vidéo.
Un consortium franco-québécois aux commandes
À la tête de la reprise, on retrouve Stephan Tétrault, déjà actionnaire majoritaire d'EB Games Canada, entouré de Jean-François Chenail, du fonds JAMS Venture Capital, ainsi que de Sandra et Stephen Callahan, à qui l'on doit Cobico International et la marque de jouets Gipsy Toys. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé, mais elle met fin à une longue période d'incertitude pour l'enseigne bleue, passée sous pavillon américain en 2008 quand GameStop l'avait rachetée, avant de pendant plus de quinze ans les difficultés du géant du Texas.
Une recette déjà testée au Canada
Ce virage, Stephan Tétrault l'a déjà opéré de l'autre côté de l'Atlantique. En reprenant les magasins GameStop canadiens pour les rebaptiser EB Games, il a réorienté les rayons vers les cartes à collectionner, les figurines et les produits dérivés, au point de voir ces ventes progresser de près de 75%. Les nouveaux propriétaires assurent que 97% des boutiques du réseau canadien sont redevenues bénéficiaires en 2025 grâce à cette approche, et ils comptent appliquer exactement la même stratégie aux magasins français.
Le pari du magasin physique face au tout-numérique
Un premier magasin phare doit ouvrir dès le mois d'octobre près de Paris. Les repreneurs ne veulent plus se contenter de vendre des boîtes de jeux, un marché rogné chaque année par le téléchargement et les abonnements, et préfèrent miser sur les cartes Pokémon et Magic, les figurines, les événements en boutique et des espaces pensés pour les fans. L'objectif est de faire venir les joueurs pour autre chose qu'un simple retrait de commande.
On en dit quoi ?
Voir une enseigne française sauvée plutôt que liquidée fait plaisir, surtout avec 1 200 emplois à la clé. Les cartes à collectionner et les figurines tiennent bien mieux le choc face au tout-dématérialisé que le jeu sur disque, et la méthode a déjà fait ses preuves au Canada, donc l'idée se défend. Il faudra quand même du temps et de l'argent pour transformer 300 boutiques, et la vente de jeux physiques continuera de reculer pendant ce temps. Micromania a au moins un plan cohérent, ce qui était loin d'être acquis.