Epic a mis en ligne la préversion de son nouveau lanceur pour Windows, Mac et, pour la première fois, Linux. La société assume de l'avoir fait écrire par des agents IA et avance des chiffres flatteurs face à Steam. Sauf que l'annonce tombe quelques mois après la suppression de plus d'un millier de postes, et le choix des mots passe assez mal.
Plus rapide que Steam
Le lanceur Epic Games actuel traîne une réputation épouvantable depuis des années, au point que Tim Sweeney l'avait lui-même reconnu poussif. La préversion veut corriger ça avec une interface entièrement revue, une page dédiée pour chaque jeu, des collections personnalisées et la possibilité de rapatrier dans sa bibliothèque les titres installés depuis d'autres boutiques, Steam compris. Epic mesure un démarrage à froid en 5,47 secondes contre un peu plus de 10 secondes pour Steam, soit presque deux fois plus vite, une boutique qui s'ouvre trois fois plus rapidement et une bibliothèque chargée trente fois plus vite qu'avant. Vos achats, vos sauvegardes dans le cloud et vos jeux installés sont conservés au passage, et l'ancien client est toujours proposé pour ceux qui préfèrent attendre une version finale.
Linux pour la première fois
La vraie surprise se trouve du côté de Linux, avec une version native, une première dans l'histoire de la boutique. Epic ne s'arrête pas là et annonce Fortnite sur Linux, grâce à un Easy Anti-Cheat retravaillé pour l'occasion. C'est un gros revirement. Tim Sweeney a longtemps expliqué que la plateforme était impossible à sécuriser correctement pour un jeu compétitif de cette taille, et le refus durait depuis 2018. Aucune date n'est encore donnée pour le jeu, mais le lanceur, lui, se télécharge dès maintenant sur le site d'Epic.
Un timing compliqué
Le billet d'annonce donne le ton : programmer, c'est dur, écrit Epic, alors autant vibe coder le nouveau client, autrement dit le faire écrire par des agents IA. Martin Keely, le patron de l'Epic Games Store, précise que les agents ont écrit et relu tout le code, les équipes humaines se contentant de piloter et de superviser l'ensemble. Le problème, c'est que ce message arrive au lendemain d'un post de Tim Sweeney sur X, qui décrit un grand virage de l'entreprise vers l'IA, et quelques mois après le licenciement de plus d'un millier de salariés en mars. Du coup, la plaisanterie fait beaucoup moins rire les développeurs, qui le font savoir depuis l'annonce.
On en dit quoi ?
Si les chiffres tiennent en usage réel, personne ne pleurera l'ancien lanceur, qui était franchement pénible au quotidien. L'arrivée sur Linux est une excellente nouvelle, et on sent bien que Valve, avec son Steam Deck, a fini par forcer tout le monde à prendre cette plateforme au sérieux. Mais écrire programmer, c'est dur quelques mois après s'être séparé d'un millier de personnes dont c'était le métier, c'est quand même un peu gros. La vitrine technologique est plutôt réussie, la communication beaucoup moins.