Le cabinet Mercer a publié son rapport Global Talent Trends 2026, et un chiffre fait beaucoup parler, et pour cause : 99 % des dirigeants interrogés s'attendent à ce que l'IA mène à des réductions d'effectifs dans les deux prochaines années.
Une quasi-unanimité chez les dirigeants
Le rapport Mercer a sondé 825 cadres dirigeants et 1 650 responsables RH, en plus des salariés et investisseurs. Sur les patrons, 99 % anticipent au moins quelques suppressions de postes liées à l'IA d'ici deux ans, et 98 % envisagent des changements d'organisation dans la même période. Autant dire que le scénario est devenu la norme dans les conseils d'administration, pas l'exception. Les premières victimes désignées sont les jeunes de 22 à 27 ans, sur des tâches d'entrée qui servaient pourtant historiquement à former les nouvelles recrues.
Sauf que l'IA ne livre pas vraiment
Le plus intéressant n'est pas dans la prévision de licenciements, c'est dans le décalage avec les résultats observés. Seuls 27 % des dirigeants disent que le retour sur investissement de l'IA atteint ou dépasse leurs attentes, contre 38 % l'année précédente. Un quart n'a constaté aucun effet sur le chiffre d'affaires. Selon une autre étude du cabinet Oliver Wyman, plus de la moitié des CEO sont incapables de dire si leurs déploiements IA génèrent les gains de productivité espérés. Bref, on prévoit de remplacer des humains par quelque chose qui ne fait pas encore ses preuves.
Le moral des salariés au plus bas
Côté salariés, l'ambiance suit le mouvement. La part des employés qui déclarent se sentir bien au travail est passée de 66 % en 2024 à 44 % en 2026. C'est une chute brutale en deux ans, qui s'explique en grande partie par cette incertitude permanente sur l'IA et le poste qu'on occupera demain. Et seulement 32 % des dirigeants pensent que leur entreprise sait combiner correctement humain et machine. Difficile dans ces conditions de demander aux équipes de s'investir à fond dans un projet.
On en dit quoi ?
On a une vague de patrons convaincus que l'IA va leur permettre de virer du monde, sur la base d'études qui montrent en même temps que personne ne sait vraiment si l'IA tient ses promesses. Le pari est lourd, et il se joue avec les emplois des jeunes diplômés qui n'ont même pas eu le temps de prouver leur valeur. Compliqué donc.