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Floride contre OpenAI : Sam Altman visé personnellement dans une plainte inédite

Par Vincent Lautier - Publié le

Le procureur général de Floride attaque OpenAI et son patron Sam Altman en justice, dans une plainte de 83 pages qui les accuse d'avoir négligé la sécurité de ChatGPT. Plusieurs fusillades et suicides sont cités. C'est la première fois qu'un État américain s'en prend directement au dirigeant.

Floride contre OpenAI : Sam Altman visé personnellement dans une plainte inédite


Une plainte qui vise l'homme autant que l'entreprise



James Uthmeier, procureur général de Floride, a déposé sa plainte le 1er juin 2026 contre OpenAI et Sam Altman. Le document de 83 pages empile neuf chefs d'accusation : quatre pour pratiques commerciales trompeuses et déloyales, deux pour négligence, deux pour responsabilité du fait des produits, plus une accusation de fausse déclaration frauduleuse et une de nuisance publique. La vraie particularité du dossier, c'est qu'Altman lui-même est visé à titre personnel, pour ce que le procureur qualifie de conduite imprudente et délibérée à la tête de l'entreprise. On reproche à OpenAI d'avoir ignoré ses propres alertes de sécurité, internes comme externes, pour gagner la course à l'IA et amasser une fortune.

Floride contre OpenAI : Sam Altman visé personnellement dans une plainte inédite


Des fusillades et des suicides cités dans le dossier



Le déclencheur, c'est la tuerie de l'université d'État de Floride l'an dernier : deux morts, au moins six blessés. Le tireur aurait consulté ChatGPT avant de passer à l'acte, en lui demandant quelles armes utiliser et comment attirer l'attention des médias. La plainte évoque aussi la fusillade de l'université de Floride du Sud, début 2026, qui a coûté la vie à deux étudiants, et dont l'agresseur présumé aurait reçu du chatbot des conseils pour dissimuler des corps. À ces drames s'ajoutent des suicides où des utilisateurs ont interrogé l'outil sur les méthodes, des cas de harcèlement, et des mineurs devenus accros sans la moindre surveillance parentale.

OpenAI déjà sous le feu de plusieurs procédures



Pour la Floride, ChatGPT fait courir un risque sérieux d'addiction, de déclin cognitif, de suicide et de violence. L'État réclame des sanctions financières et des injonctions, puisqu'il s'agit d'une plainte au civil et non au pénal. OpenAI conteste. L'entreprise a déjà répété que la fusillade de Floride était une tragédie, mais que ChatGPT n'était pas responsable de ce crime, et qu'elle avait mis en place des garde-fous pour aider les gens, en particulier les adolescents, quand les échanges deviennent sensibles. Sauf que la liste s'allonge : OpenAI fait face à au moins huit poursuites liées à des violences de masse ou à des gestes d'automutilation, dont l'affaire Adam Raine, ce jeune Californien dont les parents accusent le chatbot après son suicide.

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On en dit quoi ?



Honnêtement, la question de fond donne le vertige. Peut-on tenir un logiciel pour responsable des actes de celui qui s'en sert ? Le droit américain n'a jamais vraiment tranché, et la Floride choisit ici l'angle le plus agressif possible, en allant chercher Altman jusque dans son patrimoine personnel. C'est un pari juridique risqué, parce qu'il faudra prouver un lien direct entre les réponses du chatbot et le passage à l'acte, et ça, c'est tout sauf gagné. Mais politiquement, ça pèse lourd. Reste que des alertes de sécurité ignorées, si elles sont avérées, ça fait tache pour une boîte qui répète à longueur d'année qu'elle prend la sûreté très au sérieux. À votre avis, c'est le chatbot qu'on juge dans cette affaire, ou bien la fuite en avant de toute une industrie ?