La Chine vient d'interdire les relations amoureuses entre ses habitants et les chatbots, en visant d'abord les mineurs. Officiellement, il s'agit de limiter la dépendance affective à l'IA. Mais derrière, il y a aussi une obsession bien réelle de Pékin, sa natalité en chute libre, et l'idée que tomber amoureux d'une machine ne fabrique aucun bébé.
Fini les amours virtuelles
La Chine vient de faire entrer en vigueur une réglementation qui interdit les relations affectives entre les intelligences artificielles et les mineurs, tout en serrant la vis sur les applis de compagnons virtuels jugées trop addictives. Concrètement, elle vise tous ces outils, en texte, en voix ou en vidéo, qui imitent un vrai humain pour simuler une relation amoureuse ou familiale. Les plateformes doivent maintenant passer un examen des autorités avant de proposer ce type de service, et Pékin peut fermer d'office celles qu'il estime dangereuses.
Une histoire de bébés
Mais la vraie raison est ailleurs. La Chine traverse une crise démographique sévère, avec une population qui recule pour la quatrième année de suite en 2025 et un taux de natalité au plus bas de son histoire. Beaucoup d'experts chinois s'inquiètent de voir l'IA grignoter l'emploi, l'éducation et même la fécondité. Un pays qui cherche par tous les moyens à relancer les naissances voit forcément d'un très mauvais œil des technologies qui poussent les gens à s'attacher à des machines plutôt qu'à d'autres humains.
Des ruptures numériques à la chaîne
Les grands noms de la tech chinoise n'ont pas traîné pour obéir. Doubao, le chatbot le plus populaire du pays et propriété de ByteDance, la maison mère de TikTok, coupe sa fonction de personnages personnalisés. Qwen, l'IA du géant du commerce Alibaba, et Yuanbao, celle de Tencent, débranchent elles aussi leurs compagnons virtuels. Les plateformes doivent en plus repérer les émotions extrêmes de leurs utilisateurs et intervenir quand ça dérape. Résultat, beaucoup de Chinois se retrouvent du jour au lendemain privés de leur partenaire artificiel, et certains parlent d'un vide immense.
On en dit quoi ?
C'est quand même vertigineux d'en arriver là, un État qui légifère sur les histoires d'amour numériques pour tenter de sauver sa démographie. On peut comprendre l'inquiétude face à des IA taillées pour rendre accro, mais croire qu'interdire les copines virtuelles va faire repartir les naissances, c'est sans doute se tromper de combat. Le vrai problème, ce n'est pas le chatbot, c'est ce qui pousse autant de gens à le préférer aux vrais gens.