Après plusieurs années difficiles, Intel semble enfin retrouver des couleurs. Le fabricant américain vient de publier des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, avec sa plus forte croissance de chiffre d’affaires depuis près de quinze ans. Les investisseurs ont immédiatement salué cette performance, faisant bondir le titre de plus de 11 % après la clôture de Wall Street. Une bonne nouvelle qui pourrait également intéresser Apple.
LE GRAND RETOUR D’INTEL DANS LA COURSE À L’IA
Longtemps distancé par NVIDIA sur les accélérateurs IA et sous pression face à AMD sur les processeurs, Intel semble enfin réussir son pari. Le groupe a enregistré au deuxième trimestre 2026 sa plus forte progression de revenus depuis 2011, une performance portée par l’explosion des investissements dans les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.
Depuis le début de l’année, l’action Intel s’est envolée de près de 170 %, faisant du fabricant l’une des meilleures performances du S&P 500. Les résultats publiés cette semaine ont même provoqué une nouvelle hausse de plus de 11 % lors des échanges après Bourse.
Cette embellie repose notamment sur les besoins des géants du cloud, qui ne recherchent pas uniquement des GPU de NVIDIA, mais également des processeurs serveurs, des contrôleurs mémoire et des composants réseau, des domaines où Intel reste très bien implanté.
DES USINES QUI POURRAIENT INTÉRESSER APPLE
Au-delà des résultats financiers, Intel poursuit un autre objectif stratégique : redevenir un acteur majeur de la fabrication de semi-conducteurs. Le groupe investit massivement dans ses nouvelles usines américaines, soutenues par les aides du CHIPS Act, afin de concurrencer directement TSMC sur la production de puces les plus avancées.
Cette stratégie pourrait également intéresser Apple. Plusieurs rumeurs évoquent depuis plusieurs mois une volonté de la firme de diversifier progressivement sa chaîne d’approvisionnement afin de réduire sa dépendance à TSMC, qui fabrique aujourd’hui l’ensemble des puces Apple Silicon.
Si aucun contrat majeur n’a encore été annoncé, Intel Foundry ambitionne clairement d’attirer de grands clients comme Apple grâce à ses futurs procédés de gravure. Pour Cupertino, disposer d’une capacité de production supplémentaire aux États-Unis constituerait un atout stratégique, notamment dans un contexte de tensions géopolitiques et de volonté de relocalisation d’une partie de la production.
LA ROUTE RESTE LONGUE
Malgré ce spectaculaire rebond, Intel n’a pas encore rattrapé son retard sur NVIDIA. Les GPU de ce dernier restent la référence pour l’entraînement des grands modèles d’intelligence artificielle, tandis qu’Intel se concentre davantage sur les processeurs serveurs et les puces destinées à l’inférence.
Les prochains trimestres seront donc déterminants. Intel devra démontrer que cette croissance ne repose pas uniquement sur un pic ponctuel de commandes, mais bien sur une dynamique durable.
Qu’en penser ?
Intel montre enfin des signes de redressement après plusieurs années de difficultés. Si NVIDIA domine toujours largement le marché de l’IA, le secteur est devenu suffisamment vaste pour permettre à plusieurs acteurs de prospérer. Pour Apple, le retour en force d’Intel pourrait aussi représenter une opportunité à moyen terme. Disposer d’un second grand fondeur capable de produire des puces avancées offrirait davantage de flexibilité et réduirait les risques liés à une dépendance quasi exclusive envers TSMC.