L'entreprise de conseil Gartner prévoit que 30 % des salariés licenciés pour être remplacés par l'IA devront être réembauchés d'ici 2029, souvent à un coût supérieur. Le cabinet remet cette prévision en avant dans une publication récente consacrée au travail, et prévient les entreprises tentées de réduire leurs équipes trop vite.
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Des économies qui peuvent disparaître
La réduction de la masse salariale se voit immédiatement dans les comptes. Mais Gartner souligne que le départ de salariés entraîne aussi une perte de compétences et de connaissances internes, alors qu'il faudra ensuite recruter, former et intégrer des personnes pour répondre aux besoins que l'automatisation n'aura pas absorbés.
Tori Paulman, analyste chez Gartner, recommande de réorganiser les postes et de réaffecter le temps gagné à de nouvelles activités. Le cabinet prévoit même que, dès 2027, 75 % des organisations qui privilégient les économies liées à la productivité de l'IA seront dépassées par des concurrentes qui réinvestissent ces gains. C'est sa projection, pas un résultat déjà observé dans trois entreprises sur quatre.
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Une prévision bien sûr
Le chiffre de 30 % concerne les salariés dont le licenciement est lié à leur remplacement par l'IA. Il ne désigne ni l'ensemble des licenciements ni la proportion de toutes les entreprises qui devront recruter. Et cette estimation circulait déjà dans les publications de Gartner en juin : le communiqué de septembre la reprend, sans transformer la prévision en bilan.
Cette distinction compte dans le débat sur les licenciements attribués à l'IA. Une suppression de poste peut répondre à plusieurs objectifs financiers ou organisationnels, et le nombre de départs ne mesure pas à lui seul l'efficacité d'un logiciel. Les annonces de dirigeants doivent donc être lues avec les résultats obtenus, et non comme leur preuve.
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Le service client avait déjà son avertissement
En février, Gartner prévoyait que la moitié des entreprises ayant réduit leurs équipes de service client en invoquant l'IA recruteraient d'ici 2027 pour des fonctions semblables, parfois sous de nouveaux intitulés. Cette autre prévision portait sur des entreprises et un métier précis, pas sur 50 % des salariés remplacés dans toute l'économie.
Les coupes de postes annoncées dans la tech, y compris chez Oracle, rendent la question très concrète : qui garde l'expérience nécessaire pour traiter les cas difficiles et former les nouvelles recrues ? Réinvestir une partie du temps économisé dans les équipes paraît assez raisonnable, surtout quand le coût d'un retour en arrière n'apparaît pas dans les premières annonces de productivité.
On en dit quoi ?
J'aimerais que les patrons calculent le coût du recrutement avant de présenter chaque départ comme une économie. Et surtout, j'aimerais aussi que les patrons se rendent comptent que l'IA doit leur permettre d'améliorer le travail de leurs employés, par de les supprimer.