Alors qu’OpenAI prépare ses premiers appareils grand public, Apple ne semble pas particulièrement inquiète. Greg Joswiak, vice-président senior du marketing mondial d’Apple, assure que la firme ne se sent pas menacée par les ambitions matérielles du créateur de ChatGPT. Il en profite pour défendre une approche de l’intelligence artificielle très différente de celle de certains acteurs de la Silicon Valley.
OpenAI ne fait pas peur à Apple
À l’occasion de son numéro consacré aux meilleures inventions de 2026, le TIME a choisi de mettre à l’honneur l’iPhone Duo et John Ternus. Mais le magazine américain a également interrogé plusieurs dirigeants d’Apple, dont Greg Joswiak.
Concernant les futurs appareils d’OpenAI, sa réponse est plutôt sans ambages : Nous ne nous sentons pas menacés. Pour lui, la principale force d’Apple réside dans sa capacité à intégrer étroitement matériel, logiciels et services.
Cette approche permettrait de proposer une meilleure expérience utilisateur que celle de ses concurrents. Une manière de rappeler qu’Apple ne compte pas abandonner son terrain de prédilection à de nouveaux acteurs, même s’ils disposent de technologies d’intelligence artificielle particulièrement avancées.
Apple ne veut pas séduire les fanatiques de l’IA
Greg Joswiak va même plus loin en évoquant les utilisateurs auxquels Apple souhaite s’adresser. La firme ne cherche pas à concevoir des produits destinés exclusivement aux passionnés d’intelligence artificielle, notamment ceux qui attendent avec impatience l’arrivée d’une superintelligence. Nous les aimons bien, et ils peuvent aussi utiliser nos produits, mais ce n’est pas notre cible.
Globalement, on comprend que l'objectif serait plutôt de rendre l’intelligence artificielle réellement utile au quotidien, et qu'il illustre une certaine distance avec la course à l’IA menée par les géants du secteur.
Une stratégie qui comporte aussi des risques
Cette position intervient alors qu’Apple reste en retrait dans le développement des modèles d’intelligence artificielle les plus avancés. Si l’entreprise entraîne ses propres modèles, elle ne rivalise pas directement avec les laboratoires situés à la pointe de la recherche, notamment OpenAI.
Or ce décalage pourrait devenir problématique si les prochaines générations d’IA bouleversent profondément les usages. Mais John Ternus et ses équipes semblent assumer ce choix.
Plutôt que de rechercher les performances les plus spectaculaires, Apple privilégie une intelligence artificielle personnalisée, respectueuse de la vie privée et intégrée à ses appareils. La question est désormais de savoir si cette stratégie suffira face à des concurrents (plus innovants et plus rapides), qui pourraient proposer de nouvelles catégories de produits entièrement conçues autour de l’IA.
Qu’en penser ?
Les déclarations de Greg Joswiak sont intéressantes, car elles résument assez bien la philosophie d’Apple : mieux vaut une intelligence artificielle réellement utile qu’une technologie impressionnante sur le papier. Reste que cette approche peut aussi servir à justifier le retard de Cupertino dans certains domaines. Quant aux ambitions matérielles d’OpenAI, il est encore trop tôt pour déterminer si elles représentent une véritable menace pour l’iPhone. Mais Apple aurait probablement tort de sous-estimer un concurrent capable de repenser entièrement notre manière d’interagir avec les machines. Après tout, c’est précisément ce qu’Apple avait réussi à faire en 2007 avec le premier iPhone.