Des utilisateurs indiens disent avoir dû payer des réparations après des pannes apparues avec iOS 18. L'autorité de protection des consommateurs a transmis le dossier à ses enquêteurs pour un examen approfondi. Apple conteste l'existence d'un problème généralisé et défend ses conditions de garantie logicielle.
Des écrans et des microphones en cause
Reuters a consulté une notification du 29 juillet par laquelle la CCPA, l'autorité indienne de protection des consommateurs, renforce l'enquête en question. Les plaintes évoquent des lignes vertes, roses ou blanches sur les écrans après installation d'iOS 18, ainsi que des microphones défaillants. La responsabilité de la mise à jour reste à établir bien sûr.
Apple affirme que le dossier concerne 75 plaintes et qu'aucun problème systémique n'a été identifié. Dans une réponse du 20 août, l'entreprise défend une pratique courante du secteur : ne pas garantir un logiciel contre tous les risques techniques. Elle indique vouloir travailler avec les autorités.
Ce que dit vraiment la licence d'iOS
La licence officielle d'iOS 18 permet de comprendre ce débat sur la garantie. Dans sa section 7, Apple fournit son logiciel en l'état, dans les limites autorisées par la loi. Le texte exclut une promesse de fonctionnement ininterrompu ou sans erreur, et ne garantit pas que tous les défauts seront corrigés. Il prévient aussi qu'une installation peut affecter la disponibilité ou l'utilisation d'applications et de services tiers.
La section 7.6 prévoit que les frais d'entretien, de réparation ou de correction d'un logiciel défectueux reviennent à l'utilisateur. Mais Apple précise elle-même que certaines juridictions n'autorisent pas ces exclusions. Dès le début de cette section, la licence reconnaît que les droits des consommateurs dans leur pays peuvent empêcher l'application de certaines limitations. Présenter ce contrat comme une disparition générale de tout recours serait donc aller beaucoup trop loin.
Une enquête sur les droits des consommateurs
La CCPA a pour mission de protéger les consommateurs collectivement, selon la présentation qu'en fait le gouvernement indien. Ses pouvoirs comprennent des enquêtes sur les pratiques commerciales déloyales et des mesures pour les faire cesser. Son intervention peut donc dépasser le traitement d'une facture de réparation isolée. L'autorité peut également agir de sa propre initiative, à partir d'une plainte ou sur instruction du gouvernement central.
Cette procédure est distincte du dossier de concurrence visant l'App Store. Reuters évoque de possibles remboursements ou changements de pratiques si les griefs sont retenus. Aucun dispositif d'indemnisation n'est annoncé à ce stade.
On en dit quoi ?
On comprend qu'un éditeur ne puisse pas promettre l'absence totale de bugs. Mais lorsqu'un client installe une mise à jour officielle puis se retrouve avec un écran inutilisable, il mérite une explication technique précise. L'enquête devra établir l'origine des pannes, avant de déterminer qui doit payer la réparation.