Disparue des routes depuis plus de vingt ans, la Mobylette sera bientôt de retour en version 100% électrique. Derrière ce projet à 3 millions d'euros, un entrepreneur qui avait racheté la marque pour... 600 euros. La production s'installe dans une ancienne usine à Argenton-sur-Creuse, avec un premier cyclomoteur attendu pour l'été 2026.
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600 euros pour une marque légendaire
La Mobylette, c'est un nom que tout le monde connaît en France. Lancée dans les années 50 par Motobécane, la marque était devenue tellement populaire que le mot "mobylette" avait fini par remplacer "cyclomoteur" dans le langage courant. Après des décennies de déclin, Yamaha a arrêté la production en 2002. La marque a ensuite été rachetée par un groupe italien, Innocenti, qui ne l'a jamais exploitée. C'est là qu'arrive Jacky Thoonsen, patron de Thoonsen Trading, une entreprise spécialisée dans les vélos de livraison et les dispositifs antivol. Ses clients comparaient régulièrement ses vélos à des Mobylettes. Du coup, il a racheté la marque pour 600 euros. Oui, 600 euros.
3 millions d'euros et une friche Harry's
Pour monter sa ligne de production, Thoonsen Trading s'installe sur l'ancienne usine Harry's à Argenton-sur-Creuse (oui, la marque de pain de mie), laissée à l'abandon depuis dix ans. L'investissement total atteint 3 millions d'euros et l'entreprise, qui emploie déjà plus de 40 salariés, prévoit de produire 1 800 unités par an. Le premier modèle est un cyclomoteur électrique inspiré de l'AV 33, qui roule à 45 km/h pour un poids de 32 kg. Pas besoin de pédaler, c'est un vrai cyclomoteur avec accélération au guidon. Le prix devrait se situer entre 3 500 et 4 500 euros selon les versions. Un vélo à assistance électrique est déjà homologué et en vente. Pour le cyclomoteur, il faudra attendre l'homologation, avec une commercialisation prévue pour l'été 2026. Et le premier client ? Le conseil départemental de l'Indre.
Le Solex aussi fait son retour
La Mobylette n'est pas la seule icône française du deux-roues à tenter le comeback électrique. Le Solex revient lui aussi en 2026 avec un modèle à 1 799 euros assemblé à Saint-Lô. Deux philosophies assez différentes : le Solex mise sur le design et la nostalgie, alors que la Mobylette se positionne sur un engin plus costaud, pensé pour un usage quotidien.
On en dit quoi ?
Racheter une marque pour 600 euros et investir 3 millions derrière pour la relancer, c'est un bon move. Le ticket d'entrée entre 3 500 et 4 500 euros est un peu lourd quand on sait qu'un scooter électrique chinois tourne autour de 2 000 euros, mais au moins on est sur du local. En espérant qu'une mob silencieuse gardera un peu de charme quand même. En tous cas, le fait de produire en France sur une friche industrielle dans l'Indre plutôt que d'importer, ça a du sens. J'ai hâte de voir ce que ça donnera en vrai !