Donald Trump veut taxer à 25% les voitures européennes vendues aux États-Unis dès la semaine prochaine. Mauvaise nouvelle surtout pour BMW, Mercedes, Porsche et Volkswagen, avec une facture qui pourrait grimper de 15 milliards d'euros. Les voitures électriques européennes vont aussi morfler au passage.
Une annonce qui prend tout le monde de court
Trump a lâché l'info sur Truth Social. Concrètement, chaque voiture européenne vendue aux États-Unis paiera 25% de taxes à l'entrée du pays, contre 15% jusqu'ici. Presque le double. Trump accuse l'Europe de ne pas respecter l'accord commercial signé l'été dernier. Et comme à chaque fois, il glisse une porte de sortie quelque peu compliquée : pas de droits si la voiture est fabriquée sur le sol américain.
Porsche frappée de plein fouet, la France pas du tout
Tous les constructeurs européens ne sont pas logés à la même enseigne. Porsche est la plus exposée : la marque ne fabrique aucune voiture aux États-Unis. Chaque 911, chaque Macan ou Cayenne vendu là-bas passera par la case douane. À l'inverse, BMW et Mercedes ont des usines américaines (en Caroline du Sud et en Alabama) qui produisent leurs gros SUV haut de gamme, ceux que les Américains achètent le plus. Volkswagen aussi, avec son site du Tennessee. Côté français, l'impact direct est presque nul : Renault est parti des États-Unis à la fin des années 80, Peugeot et Citroën n'y vendent rien, et Stellantis y opère via Jeep, Dodge et Chrysler, déjà fabriquées sur place.
15 milliards en jeu, l'électrique en première ligne
Un institut allemand chiffre la facture à près de 15 milliards d'euros pour la seule industrie allemande. Le timing est mauvais : le secteur va déjà mal, entre transition électrique compliquée, concurrence chinoise féroce et chute des ventes en Chine. Les voitures électriques européennes vont prendre cher : la Porsche Taycan, l'Audi Q8 e-tron ou la BMW iX sont toutes fabriquées en Europe, sans plan B américain. Seule la Volkswagen ID.4, assemblée au Tennessee, échappe à la douche froide. Bruxelles rejette les accusations de Trump, mais le ton monte, et les constructeurs ont déjà prévenu qu'une partie de la hausse partira sur les prix de vente.
On en dit quoi ?
C'est un peu l'épisode 47 du même feuilleton avec Trump, accusations en hurlant sur son réseau, puis négociations en coulisses pour finir sur un compromis. Sauf que cette fois, l'industrie allemande n'a plus beaucoup de marge. Porsche et Mercedes sont en pleine restructuration, BMW recule sur tous les fronts, et 10 points de taxe en plus sur des voitures déjà pas données, sur un marché qui dont déjà encaisser une forte inflation, c'est un peu tendu. La France, elle, regarde passer le train puisque elle ne sera pas impactée...