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Green cards bloquées chez Microsoft et Adobe, mais pas chez Apple ni Amazon

Par Vincent Lautier - Publié le

Le ministère américain du Travail a suspendu huit entreprises du programme PERM, l'étape qui permet à leurs salariés étrangers de décrocher une green card. Microsoft, Adobe, mais aussi Infosys, Tata ou Capgemini sont accusés d'avoir détourné le système au détriment des travailleurs américains. Et aucune date de fin n'a été annoncée.

Green cards bloquées chez Microsoft et Adobe, mais pas chez Apple ni Amazon


Mais c'est quoi, ce programme PERM ?



Le PERM, pour permanent labor certification, oblige un employeur à prouver qu'aucun Américain qualifié n'était disponible pour un poste avant de parrainer la green card d'un salarié étranger. Le 8 octobre, le vice-président JD Vance et le secrétaire au Travail Keith Sonderling ont annoncé que huit groupes n'y avaient plus accès : Microsoft, Adobe, Cognizant, Infosys, Tata Consultancy Services, Wipro, HCL et Capgemini. Les nouvelles demandes sont refusées et les dossiers déjà déposés sont gelés. Les visas H-1B de ces salariés restent valables, sauf que la porte vers la résidence permanente, elle, se referme.

Green cards bloquées chez Microsoft et Adobe, mais pas chez Apple ni Amazon


Microsoft dans le viseur



JD Vance en veut surtout à Microsoft, qui aurait licencié 6 000 salariés américains l'an dernier tout en obtenant 6 300 visas H-1B et près de 3 000 green cards sur la même période. L'administration reproche aux entreprises visées de publier des offres d'emploi volontairement discrètes, histoire de pouvoir affirmer qu'aucun candidat local ne s'est manifesté, puis d'embaucher des ingénieurs étrangers que le vice-président décrit carrément comme des serviteurs sous contrat. Microsoft répond que la grande majorité de ses employés aux États-Unis sont américains et que ses salariés étrangers touchent les mêmes salaires que leurs collègues.

Après la taxe à 100 000 dollars



Cette suspension prolonge une offensive entamée l'an dernier avec les 100 000 dollars de frais exigés pour chaque nouveau visa H-1B, une mesure invalidée depuis par un juge fédéral mais qui avait refroidi toute la Silicon Valley. Environ trois quarts de ces visas vont à des ingénieurs indiens, et la moitié de la liste noire est du coup composée de sous-traitants informatiques indiens. Apple, qui avait pourtant payé 25 millions de dollars en 2023 pour solder un dossier portant exactement sur ces pratiques de recrutement, échappe cette fois à la sanction. Amazon aussi, alors que le groupe est le premier employeur de titulaires de H-1B du pays.

Green cards bloquées chez Microsoft et Adobe, mais pas chez Apple ni Amazon


On en dit quoi ?



On peut comprendre que Washington s'interroge sur le modèle des sous-traitants qui facturent des armées d'ingénieurs à bas prix, le sujet est documenté depuis des années. Mais ranger Microsoft et Adobe dans le même panier, sans procès ni décision de justice, c'est quand même beaucoup plus gênant. Des milliers de salariés parfaitement en règle, parfois installés aux États-Unis depuis dix ans, voient leur dossier gelé du jour au lendemain sans avoir rien fait de mal. On sanctionne des employeurs en prenant leurs employés en otage, et ça ne dérange visiblement personne à Washington.