Percy Jackson et les cinq films de L'Âge de glace sont apparus il y a quelques jours dans le catalogue Netflix, en France comme ailleurs, et non, votre application n'a pas bugué. Disney a bel et bien signé un accord pour prêter 17 films et séries à son grand rival jusqu'au début 2027. Un drôle de geste pour une maison qui avait tout retiré en 2019 au moment de lancer Disney+.
17 titres en prêt
Depuis le 4 octobre, les deux premières saisons de Percy Jackson et les Olympiens, une production originale Disney+, se regardent tranquillement sur Netflix, avec les cinq films de L'Âge de glace dans le même lot. La suite arrivera par vagues : les quatre saisons de la série policière Will Trent le 3 novembre, la sitcom Shifting Gears avec Tim Allen le 1er décembre, puis Soul, Elio et Raya et le dernier dragon au début 2027. Attention par contre, chaque titre ne fait que passer, avec des fenêtres d'environ trois mois avant de disparaître du catalogue.
Mais c'est quoi l'idée ?
De la publicité, tout simplement. Disney+ plafonne autour de 130 millions d'abonnés alors que Netflix en revendique plus de 300 millions, et les fenêtres sont calées au millimètre sur le calendrier du groupe. Les deux premières saisons de Percy Jackson débarquent ainsi six semaines avant la saison 3, attendue le 20 novembre sur Disney+. Les cinq Âge de glace préparent le terrain pour Boiling Point, le sixième épisode qui sortira au cinéma le 5 février 2027. Netflix sert donc de panneau publicitaire géant, et un panneau qui paie, puisque Disney touche des revenus de licence au passage. Marvel et Star Wars, eux, restent bien sûr à la maison.
Sept ans après le divorce
En 2019, Disney avait récupéré l'intégralité de son catalogue chez Netflix pour nourrir sa propre plateforme, et toute l'industrie avait suivi en construisant chacun son pré carré d'exclusivités. Sauf que la croissance des abonnements s'est essoufflée, alors que l'argent des licences, lui, tombe tout seul. Disney avait d'ailleurs déjà rouvert la porte en 2023 avec des séries plus anciennes, Prison Break ou White Collar par exemple. Cette fois, le studio va plus loin et prête des productions récentes, dont des originaux Disney+, ce qui aurait été impensable il y a encore trois ans.
On en dit quoi ?
Pour les abonnés, c'est une bonne pioche, au moins pendant quelques mois. Mais on retiendra surtout que l'exclusivité, cet argument qu'on nous a servi pendant des années pour justifier l'empilement des abonnements, se négocie finalement très bien quand la croissance ralentit. Le catalogue va jouer aux chaises musicales, avec des films qui disparaîtront aussi vite qu'ils sont arrivés, et c'est un peu agaçant. N'empêche, Disney a compris que bouder la plus grande audience du monde coûtait plus cher que de lui louer ses héros.