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Voiture électrique aux États-Unis : Trump coupe les aides et le marché s'effondre

Par Vincent Lautier - Publié le

Depuis que Donald Trump a supprimé le bonus de 7 500 dollars à l'achat d'une voiture électrique fin septembre 2025, le marché américain de l'électrique s'est effondré. Les grands constructeurs de Detroit accumulent des dizaines de milliards de pertes, et le prix moyen d'une voiture neuve a franchi la barre des 50 000 dollars. Pendant ce temps, Waymo lève 16 milliards pour ses robots-taxis.

Voiture électrique aux États-Unis : Trump coupe les aides et le marché s'effondre


Des pertes record chez Ford, GM et Stellantis



La fin du crédit d'impôt de 7 500 dollars pour les voitures électriques neuves (et 4 000 dollars pour l'occasion), effective au 30 septembre 2025, a tout changé. En janvier 2026, les ventes de voitures électriques ont chuté de 33 % par rapport à l'année précédente, et la part de marché est tombée à 5,9 %. On est très loin des 10,5 % atteints au troisième trimestre 2025, quand les acheteurs se ruaient en concession avant la fin des aides. Côté constructeurs, les chiffres sont vertigineux : Ford a perdu 4,8 milliards de dollars sur sa division électrique en 2025, et en plus 10,7 milliards de dépréciations au quatrième trimestre pour annuler des programmes entiers. Stellantis a annoncé entre 21 et 23 milliards d'euros de pertes. General Motors s'en sort un peu mieux avec 2,8 milliards de bénéfice, mais c'est trois fois moins que prévu.

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Trump s'attaque aussi à la réglementation



Le bonus supprimé ne suffisait visiblement pas. Trump a aussi ramené à zéro les amendes CAFE, celles que les constructeurs devaient payer s'ils ne réduisaient pas assez les émissions de CO2 de leurs flottes. Et il s'attaque aux normes californiennes de zéro émission pour 2035, adoptées par 17 États et le district de Columbia, soit 40 % du marché américain. Du coup, les constructeurs font machine arrière. Ils arrêtent des programmes de pick-up électriques, revendent ou reconvertissent leurs usines de batteries, et relancent des modèles thermiques. Tesla de son côté a renoncé à renouveler les Model S et Model X vieillissants, et préfère miser sur les robots-taxis et les robots humanoïdes.

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Les robots-taxis, eux, lèvent des milliards



C'est quand même une situation particulière. Pendant que le marché automobile traditionnel américain recule sur l'électrique, Waymo, filiale d'Alphabet, a levé 16 milliards de dollars début février pour une valorisation de 126 milliards. La société assure déjà 400 000 courses par semaine dans six villes américaines et prévoit de s'étendre à Dallas, Houston, Detroit, Washington et même Londres et Tokyo en 2026. Côté Tesla, des Model Y robots-taxis sont en test à Austin, encore supervisés par un humain mais décrits comme fluides par des observateurs. Le tout pour quelques dollars la course. Ford, de son côté, annonce vouloir lancer cinq modèles à moins de 40 000 dollars d'ici la fin de la décennie.

On en dit quoi ?



C'est un tableau assez curieux. Les acheteurs ne veulent plus de voitures électriques, à cause de la fin des aides et des prix trop élevés, mais le marché de la voiture autonome électrique est au beau fixe. Qu'est-ce que ça veut dire au fond ? Est-ce qu'on est sur un marché qui fait un énorme pas en arrière, ou au contraire une nouvelle étape, où finalement, les gens sont ok pour utiliser massivement des taxis autonomes, ne plus être propriétaires de leurs véhicules, et utiliser des voitures partagées, sans chauffeur ? Étonnant sur un marché comme les US, où la voiture particulière est reine. Il faudra voir si le marché de la vente de voitures thermiques croît fort dans les années à venir, pour mieux comprendre cette tendance.