Actualité

Gaming

Sega enterre son Super Game, le projet AAA mondial parti en fumée

Par Vincent Lautier - Publié le

Cinq ans après l'avoir annoncé en grande pompe, Sega laisse tomber son Super Game. Ce projet AAA censé rapporter 600 millions de dollars sur toute sa durée de vie a été abandonné le 12 mai dernier, glissé en douce dans les résultats financiers. Plus de 100 développeurs sont réaffectés vers les jeux solo et les reboots cultes.

Sega enterre son Super Game, le projet AAA mondial parti en fumée


Cinq ans de R&D pour rien



C'est en mai 2021 que Sega avait dévoilé son grand plan. Un titre majeur, mondial, pensé pour dépasser le cadre traditionnel du jeu vidéo et utiliser toute l'expertise technique du groupe. En 2023, Yukio Sugino, alors président de Sega, confirmait que la sortie était prévue pour l'exercice fiscal se terminant en mars 2026. Il y avait même eu un partenariat avec Microsoft pour épauler le projet. Bref, du lourd, du long, du mystère. Et finalement, rien. Sega l'a reconnu lui-même : la R&D s'est étirée en validation technique pendant des années, sans jamais déboucher sur une production à grande échelle.

Sega ne s'en cache pas, la décision est liée à l'intensification de la concurrence, l'émergence de titres concurrents sur des concepts similaires, et nos conditions économiques. Derrière cette formule polie, il y a surtout le flop de Sonic Rumble Party, le jeu free-to-play multijoueur qui devait servir de tête de pont pour la stratégie live service du groupe. Résultat, la division F2P passe en seconde priorité et plus de 100 personnes partent renforcer les équipes qui bossent sur les titres historiques.

Sega enterre son Super Game, le projet AAA mondial parti en fumée


Côté reboots, rien ne bouge



Heureusement, les quatre reboots prévus dans le programme initial ne sont pas touchés. Crazy Taxi, Jet Set Radio, Golden Axe et Streets of Rage continuent leur petit chemin chez Sega, tout comme le nouveau Virtua Fighter et la suite d'Alien Isolation. Tous sont attendus pour l'exercice fiscal se terminant en mars 2027 ou plus tard. Ces titres pourraient d'ailleurs basculer sous l'ombrelle du nouveau programme SEGA Universe récemment dévoilé. Pour les fans de l'ère Dreamcast, c'est plutôt rassurant.

On en dit quoi ?



On a quand même un peu l'impression que Sega s'est encore raconté une grande histoire qu'il n'a pas réussi à finir. Cinq ans à promettre la lune aux investisseurs, des millions engloutis en R&D, et au bout du compte un communiqué de trois lignes glissé entre deux slides de résultats financiers. C'est presque devenu une tradition chez Sega, qui depuis la mort de la Dreamcast collectionne les projets ambitieux abandonnés en route. Le recentrage sur les jeux solo et les reboots est sans doute le bon choix, parce que c'est là que Sega excelle vraiment.