Le Wall Street Journal a révélé des négociations entre Google et SpaceX pour lancer des datacenters dans l'espace. L'objectif est clair faire tourner les charges de calcul liées aux modèles d'IA Gemini là-haut, alimentées par l'énergie solaire en continu. Google avance d'ailleurs déjà sur son projet Suncatcher, avec deux satellites prototypes attendus début 2027.
Des datacenters dans l'espace pour faire tourner l'IA
L'information n'a pas été confirmée officiellement par les deux entreprises, mais il semblerait que Google négocie avec SpaceX un contrat de lancement pour déployer en orbite des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle. L'idée, c'est d'envoyer les calculs lourds qui font tourner Gemini directement dans l'espace, où l'énergie solaire est abondante et où le refroidissement est gratuit grâce au vide spatial.
Project Suncatcher, le pari interne de Google
Google ne part pas de rien. La marque développe depuis fin 2025 un projet baptisé Project Suncatcher. Sundar Pichai prévoit le lancement de deux satellites prototypes équipés de TPU (Tensor Processing Units) pour début 2027, histoire de tester la gestion thermique en orbite.
Pour Elon Musk, c'est assez simple : les panneaux solaires produisent environ cinq fois plus d'énergie dans l'espace que sur Terre, et il n'y a pas de cycle nocturne qui vienne casser la production. Niveau refroidissement, le vide spatial fait le boulot sans gaspiller un litre d'eau.
Une histoire de gros sous avant l'IPO
SpaceX prépare son entrée en bourse avec une valorisation visée à 1,75 trillion de dollars, et Musk vend l'idée des datacenters orbitaux comme le futur le plus rentable pour l'IA. Il prédit que dans 30 à 36 mois, l'espace deviendra l'endroit le plus économiquement viable pour faire tourner les modèles IA. Google possède d'ailleurs déjà 6,1 % de SpaceX depuis son investissement de 900 millions de dollars en 2015. Anthropic, de son côté, a signé la semaine dernière un accord avec xAI (que SpaceX a racheté en février) pour accéder au supercalculateur de Memphis, avec la perspective d'un basculement orbital dans un second temps.
On en dit quoi ?
L'idée est spectaculaire sur le papier, mais elle reste très spéculative. Mettre du calcul lourd en orbite, c'est joli dans une présentation pour les investisseurs, mais une fois qu'on additionne le coût de fabrication des satellites, les lancements, la maintenance impossible et la durée de vie limitée du matériel exposé aux radiations, la facture risque d'exploser. Les datacenters au sol restent largement plus rentables aujourd'hui, et le seront encore un petit moment. Mais bon, on sait aussi que Musk arrive souvent à faire des choses qu'on jugeait impossibles, alors wait and see.