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Conduite autonome : BYD promet de rembourser les accidents

Par Vincent Lautier - Publié le

BYD a décidé d'assumer financièrement les accidents causés par sa conduite autonome. Une première chez un constructeur, qui réglera la facture à la place du conducteur. Sauf que l'offre se limite à la Chine, ne dure qu'un an, et s'accompagne de conditions. En Europe, où la loi tient déjà le fabricant pour responsable, le geste aurait une tout autre portée.

Conduite autonome : BYD promet de rembourser les accidents


BYD assume les accidents



BYD vient d'annoncer qu'il prendra directement en charge les pertes économiques liées à un accident survenu pendant l'usage de son système de conduite autonome, baptisé God's Eye, l'équivalent maison du Full Self-Driving de Tesla. La couverture vise deux fonctions précises : le pilotage automatique en ville, que BYD appelle Urban NOA, et le stationnement automatique. Concrètement, si la responsabilité du conducteur est engagée alors que l'une de ces fonctions était active, c'est le constructeur qui règle la note, sans que la prime d'assurance n'augmente l'année suivante. Pour un secteur où chacun se renvoie la balle dès qu'une voiture autonome provoque un accident, l'engagement a de quoi marquer les esprits.

Conduite autonome : BYD promet de rembourser les accidents


Un an, et uniquement en Chine



Sauf que voilà, les petites lignes refroidissent vite l'enthousiasme. La garantie ne court que sur un an, et elle ne s'applique qu'en Chine. Aucun déploiement européen n'est annoncé. Elle suppose aussi que la fonction ait été utilisée dans les règles : le conducteur qui lâche le volant reste responsable. BYD, qui investit plus de 13 milliards d'euros (100 milliards de yuans) dans la conduite intelligente, vise officiellement le zéro accident, et accompagne l'opération du lancement d'une nouvelle puce gravée en 4 nanomètres. On sent bien l'argument commercial autant que la confiance technique : rassurer un marché chinois encore frileux face à la voiture qui se conduit toute seule.



En Europe, la loi va déjà plus loin



Côté européen, la promesse de BYD perd un peu de son éclat. La réglementation place déjà la responsabilité sur le fabricant du système autonome en cas d'accident, là où le modèle américain laisse encore largement le conducteur en première ligne, comme le pratique Tesla. Autrement dit, ce que BYD présente comme un cadeau en Chine serait, sur le sol européen, une simple obligation légale. Reste que le constructeur chinois marque des points sur le terrain de l'image, à un moment où il pousse fort son système God's Eye pour se démarquer dans la guerre des prix de l'électrique.

Conduite autonome : BYD promet de rembourser les accidents


On en dit quoi ?



L'idée de voir un constructeur payer pour les erreurs de sa propre voiture a quelque chose de sain : cela force BYD à mettre son argent là où sont ses promesses, et à assumer la fiabilité qu'il vante à longueur de communiqués. Mais une couverture limitée à douze mois et à un seul pays ressemble davantage à une opération de confiance bien calibrée qu'à un vrai transfert de risque dans la durée. Le vrai test viendra le jour où ce type d'engagement s'étendra dans le temps et hors de Chine, sans astérisque en bas de page. Et puisque la loi européenne impose déjà au fabricant d'endosser la responsabilité, on aimerait surtout voir les constructeurs communiquer aussi clairement chez nous qu'ils le font là-bas, au lieu d'attendre qu'un tribunal s'en charge. La question qui reste en suspens : combien de temps avant qu'un assureur européen transforme cette contrainte légale en argument marketing, exactement comme BYD vient de le faire ?