L'Union européenne vient d'annoncer une alternative aux lourdes taxes antidumping imposées aux véhicules électriques chinois. Un système de prix minimum qui pourrait calmer les tensions commerciales, mais pas vraiment faire baisser les tarifs pour les consommateurs.
Un bras de fer qui s'éternise
Depuis octobre 2024, les voitures électriques fabriquées en Chine subissent une surtaxe pouvant grimper jusqu'à 35,3 %, en plus des 10 % de droits de douane standard. Résultat : certains véhicules se retrouvent avec près de 45 % de taxes à l'importation. Bruxelles justifiait ces mesures par les subventions accordées par Pékin à ses constructeurs, faussant selon elle la concurrence avec les marques européennes. Le secteur automobile européen emploie quand même 14 millions de personnes. La Chine n'a pas tardé à riposter en lançant des enquêtes antidumping sur le porc, les produits laitiers et le cognac européens.
La solution : des prix plancher encadrés
Ce dimanche 12 janvier 2026, la Commission européenne a publié un document fixant les règles du jeu. Les constructeurs chinois pourront soumettre des offres de prix minimum pour leurs exportations vers l'Europe. Si ces prix sont jugés suffisants pour compenser l'effet des subventions chinoises, les taxes tomberont. Deux méthodes de calcul sont prévues : soit un prix basé sur les tarifs pratiqués auparavant plus la marge de droits compensatoires, soit un alignement sur les prix des véhicules comparables produits en Europe. La Commission précise que les investissements futurs sur le sol européen seront pris en compte dans l'évaluation des offres.
Pékin salue, les consommateurs moins
Le ministère chinois du Commerce a immédiatement salué ce qu'il considère comme un progrès montrant la capacité des deux parties à résoudre leurs désaccords par le dialogue. La Chambre de commerce chinoise dans l'UE parle même d'un atterrissage en douceur. Sauf que voilà : pour les acheteurs européens, ça ne change pas grand-chose. Les prix des véhicules importés ne devraient pas baisser puisque le mécanisme cherche précisément à maintenir des tarifs élevés. La différence, c'est que les marges iront dans les poches des constructeurs chinois plutôt que dans les caisses de l'UE.
On en dit quoi ?
C'est quand même un retournement de situation assez foireux. Après avoir brandi la menace des taxes pendant plus d'un an, l'Europe tend finalement une perche à Pékin. Les constructeurs chinois s'en tirent plutôt bien dans l'affaire puisqu'ils conservent leurs marges au lieu de payer des droits de douane. BYD, qui prépare déjà une usine en Hongrie, aura bientôt une solution encore plus radicale pour contourner tout ce bazar. Côté consommateur, on restera face à des prix élevés : que ce soit par taxes ou par prix plancher, les voitures électriques chinoises resteront chères en Europe.