BYD se lance donc dans des batteries sodium-ion de troisième génération avec une promesse intéressante pour les futurs acheteurs de voiture électrique, la promesse de 10 000 cycles de charge. En parallèle, le géant chinois prépare des batteries solid-state pour 2027. Double offensive donc.
Le sodium-ion passe un cap
Oui, 10 000 cycles de charge. Alors certes, c'est en laboratoire. Mais ça reste impressionnant. Les batteries LFP qu'on retrouve dans la majorité des véhicules électriques aujourd'hui tiennent entre 2 000 et 3 000 cycles avant de montrer les premiers signes de fatigue. On est donc sur un rapport de trois à cinq fois supérieur avec cette troisième génération sodium-ion de BYD. Pour dire ça plus simplement, c'est une batterie qui pourrait survivre au véhicule lui-même. BYD a lancé début 2024 la construction de sa première usine dédiée à Xuzhou, en partenariat avec Huaihai, un fabricant de deux et trois-roues électriques. Pour ce qui est de la production de masse, le constructeur est encore prudent : pas de date encore, tout dépendra de la demande du marché.
Le solid-state en 2027
Pendant que le sodium-ion avance à chaque nouvelle génération, BYD avance sur un autre front. Le constructeur travaille sur des batteries solid-state (tout-solide) à électrolyte sulfure, une technologie que tout le monde promet depuis des années sans vraiment la livrer. Sauf que BYD a déjà produit des cellules pilotes de 20 Ah et 60 Ah courant 2024. C'est concret. La feuille de route prévoit une production à petite échelle en 2027, avec des véhicules de démonstration équipés de batteries solid-state complètes la même année. L'adoption à grande échelle, elle, est repoussée après 2030. Du coup, BYD joue sur deux tableaux : sodium-ion quasiment prêt pour le marché de masse, et solid-state en maturation pour la décennie suivante.
Pourquoi le sodium c'est mieux ?
Le sodium est mille fois plus abondant que le lithium dans la croûte terrestre. Pas besoin de cobalt, pas besoin de nickel. Deux métaux dont l'extraction pose des problèmes géopolitiques et environnementaux qu'on connaît bien. Côté performances brutes, la densité énergétique du sodium-ion est quand même inférieure au lithium-ion : 100 à 160 Wh/kg contre 150 à 250 Wh/kg et plus. On ne va pas se mentir, pour les grosses voitures avec 700 km d'autonomie, ce n'est pas encore très adaptable. Mais pour les petites citadines ou les véhicules deux-roues, ça prend tout son sens ! Et puis il y a la question du froid. Les batteries sodium-ion tiennent jusqu'à moins 20 degrés sans broncher. Le MIT Technology Review a d'ailleurs classé le sodium-ion parmi les « dix technologies de rupture » de 2026.
On en dit quoi ?
Au-delà des performances, l'autre vrai sujet, c'est le coût. Si en adoptant cette technologie, BYD arrive à produire de gros volumes de ce type de batterie, alors ça peut faire exploser le marché des VAE d'entrée de gamme, et on est nombreux à n'attendre que ça.