Uber renforce nettement ses ambitions dans le véhicule autonome. Le groupe américain vient d'annoncer un investissement de plus de 100 millions de dollars destiné à développer des infrastructures de recharge dédiées à ses futures flottes de véhicules sans conducteur. Cette étape clé va lui permettre d'industrialiser des services encore largement expérimentaux, mais devenus stratégiques face à une concurrence de plus en plus agressive.
Des hubs de recharge dédiés aux flottes autonomes
Concrètement, Uber prévoit de déployer des stations de recharge rapide en courant continu (DC fast charging) au sein de ses dépôts dédiés aux opérations autonomes, ainsi que sur des points de passage stratégiques dans plusieurs grandes métropoles. Ces infrastructures doivent permettre d’assurer la rotation quotidienne des véhicules, sans dépendre exclusivement de réseaux publics parfois saturés ou mal adaptés aux besoins intensifs des flottes.
Le déploiement débutera aux États-Unis, dans la Bay Area, à Los Angeles et à Dallas, avant d’être étendu progressivement à d’autres villes. L’objectif affiché est de sécuriser l’accès à l’énergie là où la demande est la plus forte, afin d’éviter que la recharge ne devienne un goulot d’étranglement pour le déploiement à grande échelle des robotaxis.
Des partenariats internationaux pour densifier le réseau
En parallèle, Uber noue des accords avec plusieurs opérateurs de recharge afin de garantir un certain niveau d’utilisation des bornes. Aux États-Unis, le groupe travaille notamment avec EVgo à New York, Los Angeles, San Francisco et Boston. En Europe, Uber s’appuie sur Electra à Paris et Madrid, ainsi que sur Hubber et Ionity à Londres.
Pour rappel, Electra est un opérateur européen de bornes de recharge rapide pour véhicules électriques, fondé en France en 2021. L’entreprise se distingue par son positionnement haut de gamme, avec des stations de recharge ultra-rapides (jusqu’à 300 kW), implantées principalement en zones urbaines et périurbaines. Présente dans plusieurs pays européens, dont la France, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et l’Espagne, Electra ambitionne de devenir un acteur clé des infrastructures de recharge à grande échelle, aussi bien pour les particuliers que pour les flottes professionnelles.
Ces partenariats devraient permettre l’installation de centaines de nouvelles bornesdans les zones urbaines où la recharge constitue aujourd’hui un frein à l’adoption des véhicules électriques et autonomes —un marché en pleine expansion.
Le véhicule autonome, priorité stratégique assumée
Uber fait des véhicules autonomes l’un des piliers de sa stratégie à long terme. Le groupe collabore désormais avec plus de 20 partenaires à travers le monde, couvrant le transport de passagers, la livraison et le fret autonome. Une course engagée pour conserver une longueur d’avance face à des acteurs comme Tesla, qui développe sa propre vision intégrée du robotaxi.
Plus tôt ce mois-ci, Uber a confirmé être prêt à engager des capitaux importants aux côtés de ses partenaires industriels afin de sécuriser l’accès aux véhicules et d’accélérer les déploiements. La plateforme estime disposer d’un avantage structurel : son réseau mondial de chauffeurs, de clients et de données lui permettrait de faire monter en puissance les flottes autonomes plus rapidement que des acteurs purement industriels.
Qu'en penser ?
À ce stade, Uber propose déjà des services de robotaxis dans quatre villes américaines, mais aussi à Dubaï, Abou Dhabi et Riyad. Ces services reposent sur des partenariats avec des spécialistes du secteur, dont Waymo (filiale d’Alphabet) et le groupe chinois WeRide.
Avec cet investissement massif dans la recharge, Uber envoie un signal clair : le véhicule autonome n’est plus un simple pari technologique, mais un chantier industriel à part entière. Reste à savoir si la promesse d’une mobilité autonome rentable et généralisée pourra enfin passer du stade des tests à celui du déploiement à grande échelle.