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En février, les ventes de voitures thermiques s’effondrent, l’électrique accélère

Par Laurence - Publié le

Le marché français de la voiture neuve continue de s’enfoncer en ce début d’année 2026. Après un mois de janvier déjà mal orienté, février enregistre une chute particulièrement marquée des immatriculations, confirmant un climat de plus en plus tendu pour l’ensemble du secteur automobile.

Ventes voitures France février 2026


Un début d’année historiquement faible



Avec 141 570 voitures particulières neuves immatriculées en février 2026, le marché accuse une baisse de 14,7 % par rapport à février 2025. Sur les deux premiers mois de l’année, le recul atteint désormais 11,1 %, un niveau inférieur à celui de 2023, qui constituait pourtant déjà l’un des pires démarrages de ces dernières années.

Après une timide embellie observée en 2024, la dynamique s’est brutalement retournée. Inflation persistante, hausse des prix des véhicules, incertitudes réglementaires et arbitrages budgétaires des ménages continuent de peser lourdement sur les intentions d’achat.

En février, les ventes de voitures thermiques s’effondrent, l’électrique accélère


Renault en difficulté, Stellantis limite la casse



Longtemps relativement épargné par la contraction du marché, le groupe Renault subit un net coup d’arrêt en février. Les ventes du constructeur plongent de 23,5 % sur un an. Dans le détail, la marque Renault recule de 16,5 %, tandis que Dacia chute lourdement de 36,3 %, pénalisée par une période de transition produit, notamment autour de la Sandero et du Jogger restylés. Même Alpine, portée ces derniers mois par l’A290 électrique, décroche de 37,2 %.



À l’inverse, Stellantis s’en sort relativement mieux, avec une baisse plus contenue de 7,3 %. Cette résistance s’explique essentiellement par les performances de Fiat (+60 %) et Opel (+51,1 %). Le tableau reste toutefois contrasté : Peugeot recule de 20 %, et DS perd 22 %, signe que la reprise est loin d’être homogène au sein du groupe.



Hybrides majoritaires, diesel marginalisé



Du côté des motorisations, la transition énergétique continue de remodeler profondément le marché. Le diesel devient quasi anecdotique, avec seulement 2,5 % des ventes cumulées sur janvier-février 2026.

Les motorisations hybrides dominent largement, représentant 52,4 % des immatriculations, portées principalement par les hybrides légers et classiques. Les hybrides rechargeables poursuivent en revanche leur déclin, ne dépassant plus 5 % du marché.

Les voitures électriques conservent une part élevée, avec 27,5 % des ventes sur les deux premiers mois de l’année (27 % en février). Ce niveau record masque toutefois une réalité plus conjoncturelle : les volumes sont fortement soutenus par les livraisons liées au leasing électrique et à l’augmentation récente du bonus écologique (prime CEE). De nombreux véhicules commandés à l’automne sont désormais livrés, gonflant mécaniquement les chiffres.

En février, les ventes de voitures thermiques s’effondrent, l’électrique accélère


Peugeot 208 en tête, la Clio et la Sandero en retrait



Sur le plan des modèles, la hiérarchie évolue sensiblement. La Peugeot 208 prend la tête du classement 2026, avec 11 265 immatriculations après deux mois, profitant de son offre thermique et électrique.

En février, les ventes de voitures thermiques s’effondrent, l’électrique accélère


La Renault Clio, longtemps leader du marché français, se contente de 8 281 unités, talonnée par le Peugeot 2008 (8 172). La Citroën C3 se maintient dans le haut du tableau, tandis que la Dacia Sandero, habituellement incontournable, souffre clairement de l’attente autour de sa version restylée.

Côté électrique, la Renault 5 confirme son succès : sixième du classement général, elle se rapproche dangereusement de la Sandero et domine largement le segment des voitures électriques.



Qu'en penser ?



À ce stade de l’année, aucun signal clair de redressement ne se dessine pour le marché automobile français. Entre attentisme des consommateurs, transition énergétique coûteuse et calendrier produit parfois défavorable, les constructeurs avancent à vue.

Sur le plan des motorisations, les véhicules électriques et, dans une moindre mesure, les hybrides rechargeables sont les seuls segments en croissance, à la fois sur le mois de février et en cumul annuel. Cette progression reste toutefois largement soutenue par des dispositifs d’aides et par des livraisons différées. Dans ce contexte, le Tesla Model Y reprend la tête des ventes de voitures électriques, devant la Renault 5, qui demeure néanmoins l’un des lancements les plus réussis du début d’année.

Si certains modèles ou technologies continuent de tirer leur épingle du jeu, février 2026 confirme que le marché reste structurellement fragilisé. Sans amélioration rapide du contexte économique ou clarification durable des politiques publiques, 2026 pourrait bien s’inscrire comme l’une des années les plus difficiles de la décennie pour l’automobile en France.