Actualité

Auto

Les ventes de carburants s'effondrent en avril

Par Vincent Lautier - Publié le

Entre le 11 et le 20 avril, les ventes de diesel ont chuté de 18,55% en France et celles d'essence de 14,5%, selon le Comité professionnel du pétrole. La hausse des prix à la pompe, toujours alimentée par la guerre au Moyen-Orient, finit par faire reculer franchement les automobilistes vers le train et le covoiturage.

Les ventes de carburants s'effondrent en avril


Une dégringolade en dix jours



Les chiffres du Comité professionnel du pétrole parlent d'eux-mêmes. Sur la période du 11 au 20 avril, les ventes de gazole reculent de 18,55% par rapport à la même quinzaine de 2025. L'essence (SP95-E10, SP95 et SP98 confondus) décroche de 14,5% sur la même période. Sur les vingt premiers jours du mois, la baisse globale s'établit à 13,88% pour le diesel et 2,4% pour les supercarburants. Le gazole non routier, utilisé par les agriculteurs et les pêcheurs, prend la pire claque avec une chute de 26,18%.

Les ventes de carburants s'effondrent en avril


Mars avait pourtant montré l'inverse



En mars, c'était le scénario opposé. Les ventes de supercarburants grimpaient de 8,28% en volume et même le diesel ne reculait que de 2,73%. Francis Pousse, président des distributeurs de carburants chez Mobilians, l'a expliqué à Franceinfo : Il y a eu un phénomène en début de guerre, de précipitations à la pompe parce qu'on prévoyait que les prix allaient augmenter, et à chaque crise, les gens ont peur de ne plus en avoir. Bref, panique en mars, gueule de bois en avril.

Le train et le covoiturage prennent le relais



Une fois les jerricans planqués au garage, les automobilistes ont pivoté. Vacances scolaires d'avril obligent, beaucoup ont privilégié le train ou le covoiturage plutôt que d'avaler trop de SP95. Francis Pousse prévient qu'il faudra attendre les chiffres des dix derniers jours du mois pour savoir si c'est un mouvement de fond ou si c'était épisodique, mais il s'attend quand même à continuer à voir une baisse de volume dans les prochaines semaines.

Par contre là ça baisse pas
Par contre là ça baisse pas


On en dit quoi ?



C'est une donnée intéressante à observer en temps réel : les Français peuvent encaisser une hausse modérée du carburant, mais quand le plein dépasse les 100 euros, ils changent leurs habitudes très vite. Pour nous, c'est surtout le signe que la facture finit par convaincre, là où dix ans de discours sur la transition écologique n'avaient pas suffi. Et en parallèle à ça, chaque recharge électrique sur une borne Ionity sur autoroute oblige à attendre que des places se libèrent, probablement l'illustration d'un monde qui change à marche forcée.