À partir du 1er janvier 2027, les entreprises néerlandaises qui mettent une voiture essence, diesel ou hybride à disposition de leurs salariés devront payer une taxe mensuelle équivalente à 1 % du prix d'achat du véhicule. Soit 6 000 euros par an pour une auto à 50 000 euros. L'électrique, lui, en est totalement exonéré.
Une taxe de 12 % par an, impossible à refiler au salarié
Le mécanisme, dévoilé en septembre 2025, porte un nom assez technique côté néerlandais, la pseudo-eindheffing. Concrètement, l'employeur qui confie une voiture thermique ou hybride à un collaborateur verse chaque mois 1 % du prix d'achat officiel du véhicule, soit 12 % sur l'année. Pour une berline à 50 000 euros, ça fait 500 euros par mois, 6 000 euros au total. Et la loi ne laisse aucune marge sur un point précis, parce que cette somme ne peut pas être répercutée sur la fiche de paie du salarié : c'est l'entreprise qui règle l'addition.
Les contrats déjà signés ont un sursis jusqu'en 2030
Les Pays-Bas ont quand même prévu une transition. La taxe frappe immédiatement les nouveaux contrats au 1er janvier 2027, mais les véhicules déjà mis à disposition avant cette date ont un répit jusqu'au 17 septembre 2030. Résultat, les loueurs refusent déjà les contrats classiques de cinq ans sur les modèles thermiques, puisqu'un bail signé maintenant dépasserait fatalement l'échéance. Côté électrique, les avantages s'effritent aussi, avec un taux réduit qui passe de 18 % en 2026 à 20 % en 2027, avant de disparaître en 2028.
L'effet est déjà visible sur les commandes
Sur le terrain, l'annonce a fonctionné comme un accélérateur. Le loueur Athlon constate un basculement net vers le zéro émission, avec une part de l'électrique qui passe de 41 à 51 % chez les petites flottes, et de 83 à 90 % chez les grands comptes déjà très avancés. En clair, les entreprises n'ont pas attendu 2027 pour faire leurs comptes. Reste la question française, et là, un dispositif aussi frontal a peu de chances d'être copié chez nous, où la fiscalité automobile empile déjà tellement de taxes qu'une couche de plus serait difficile à faire avaler.
On en dit quoi ?
Le mot interdiction est un peu trompeur, parce que les Pays-Bas n'interdisent rien du tout. Ils rendent simplement le thermique si coûteux en entreprise qu'aucun directeur financier sain d'esprit ne signera pour une essence ou un diesel. C'est une interdiction déguisée en ligne comptable, sans doute plus efficace qu'une vraie loi. Le point qui chiffonne, c'est le sort de l'hybride, logé à la même enseigne que le pur thermique alors qu'il peuvent, dans certains cas, être une transition intéressante pour les gros rouleurs inquièts. Et vous, à 500 euros de taxe mensuelle, vous garderiez le diesel par principe ou vous passeriez enfin à l'électrique ?