ByteDance ne se contente plus des vidéos courtes. La maison-mère de TikTok s'associe au constructeur chinois Seres pour lancer une marque automobile baptisée Saidou Technology, et son premier crossover électrique est attendu dès 2026. Au centre du projet, une IA maison censée gérer tout l'habitacle. Avec près de 880 millions d'euros sur la table, l'opération n'a rien d'anecdotique.
Une marque née d'un mariage entre Seres et ByteDance
L'information vient de Chine, et elle a de quoi surprendre. Seres, le groupe déjà connu pour la marque Aito née avec Huawei, vient de boucler une restructuration capitalistique pour donner naissance à une nouvelle entité, Saidou Technology, l'ancienne Chongqing Landian Technology. Dans l'opération, ByteDance entre par la grande porte via Volcano Engine, sa plateforme cloud et IA. Le tour de table est conséquent, avec 6,67 milliards de yuans injectés, soit environ 880 millions d'euros. Résultat, la part de Seres tombe à 32,96%, pendant qu'une plateforme publique de Shapingba devient le premier actionnaire avec 34,50%. Une filiale de CATL figure aussi parmi les investisseurs, histoire de rappeler que le sujet batterie n'est jamais très loin.
Un crossover dont le cerveau s'appelle Volcano Engine
Le véhicule en lui-même reste assez mystérieux. On sait qu'il s'agira d'un crossover, positionné quelque part entre le SUV et la berline, et qu'il sera proposé en version 100% électrique comme en prolongateur d'autonomie. La production est prévue dans l'usine Phoenix de Seres, actuellement en cours de réaménagement. Mais le vrai argument de vente est ailleurs. Là où Aito mise sur la conduite intelligente signée Huawei, Saidou compte tout miser sur Volcano Engine pour animer l'intérieur. Concrètement, l'IA de ByteDance et ses grands modèles de langage doivent servir de cerveau à bord de la voiture. Petite nuance qui a son importance, cette IA gère l'expérience dans l'habitacle, pas la conduite autonome.
Une cible jeune et un calendrier serré
Le positionnement est clairement assumé. Saidou vise une clientèle jeune et active, celle qui passe déjà ses journées sur TikTok et que ByteDance connaît mieux que personne. L'idée, c'est de transformer cette familiarité avec les écrans en argument automobile, avec un habitacle pensé comme un prolongement du smartphone. Côté commercialisation, deux réseaux distincts sont prévus, l'un pour la Chine, l'autre pour l'international. Et le calendrier est serré, puisque ce premier modèle est attendu avant la fin 2026. Pour replacer les choses, Seres ne part pas de rien, le groupe ayant écoulé 33 476 véhicules sur le seul mois de mai, avec une hausse de 15,14% sur les cinq premiers mois de l'année.
On en dit quoi ?
Voir le propriétaire d'un réseau social débarquer dans l'automobile a quelque chose d'assez vertigineux, mais en Chine ce genre de croisement est devenu presque banal. Xiaomi l'a fait avec sa SU7, et plus personne ne rit. Ce qui interroge un peu plus, c'est cette promesse d'un habitacle entièrement piloté par l'IA d'une entreprise qui vit de la collecte de données et de l'attention. Mettre Volcano Engine au centre d'une voiture, c'est aussi inviter les algorithmes de recommandation dans un espace où, jusqu'à présent, on était surtout censé regarder la route. L'argument du divertissement embarqué pour les jeunes peut séduire, mais il faudra le juger une fois la voiture sur le bitume.