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Un Cybertruck légal en Europe grâce à du caoutchouc et des clignotants ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Une photo tourne sur X, un Tesla Cybertruck à plaques polonaises présenté comme légal partout en Europe, moyennant quelques modifications. Du caoutchouc sur les arêtes, des clignotants ajoutés, et le tour serait joué. Sauf que la réalité réglementaire est bien plus compliquée, et le mot « légal » mérite ici de très grosses pincettes.

Un Cybertruck légal en Europe grâce à du caoutchouc et des clignotants ?


D'où vient cette histoire de Cybertruck européen



Le cliché a tout pour cartonner. Un Cybertruck floqué aux couleurs d'un fabricant d'outillage, photographié sur un salon, avec une légende qui claque, ce pick-up serait en règle partout sur le continent. La recette annoncée ? Deux bricolages. Du caoutchouc collé sur les arêtes vives de la carrosserie, et des clignotants latéraux ajoutés là où il en manquait. À ce compte-là, homologuer un Cybertruck en Europe tiendrait du jeu d'enfant. C'est évidemment faux.



Pourquoi le Cybertruck recale en Europe



Reprenons depuis le début. Pour vendre une voiture dans l'Union, il faut une homologation européenne, qui sert de passeport valable dans les 27 pays. Tesla ne l'a jamais demandée pour le Cybertruck. Et ce n'est pas un oubli. Sa carrosserie en inox, raide comme une enclume et hérissée d'angles vifs, se cogne de plein fouet aux règles européennes de protection des piétons, qui exigent depuis des décennies un capot et un pare-chocs capables d'encaisser un choc au lieu de le renvoyer. Ajoutez un poids qui flirte avec les 4 tonnes, la limite du permis B, et vous voilà déjà dans le monde des contraintes réservées aux poids lourds. Bref, tout coince.

Un Cybertruck légal en Europe grâce à du caoutchouc et des clignotants ?


Ce que vaut vraiment cette plaque polonaise



Alors, cette immatriculation polonaise ? Elle existe, et elle s'explique. C'est probablement une homologation délivrée au cas par cas, voiture par voiture, par un seul pays. Quelques Cybertruck sont bel et bien passés par là, en Pologne, en Tchéquie ou en Autriche, souvent enregistrés comme camions et couverts de modifications maison pour décrocher le tampon. Sauf que voilà. Cette voie est fragile, contestable, et souvent révocable ou temporaire. Et surtout, elle ne vaut pas homologation européenne. Rien ne dit qu'un Cybertruck validé à Varsovie roulera sans souci, tous les jours, à Paris ou à Berlin. « Légal dans toute l'Europe », du coup, c'est tout simplement faux .



On en dit quoi ?



Du caoutchouc et deux clignotants, ça règle des broutilles. Pas le vrai problème. Le Cybertruck reste un bloc d'inox pensé à l'opposé de tout ce que l'Europe impose pour protéger les piétons. Que quelques exemplaires roulent ici par la petite porte, d'accord, c'est même un joli tour de force administratif. Mais le présenter comme une voiture « légale partout », c'est faux, surtout en France ou les contrôles pour ce genre de véhicules sont fréquents.