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L'Europe a trouvé comment limiter Starlink

Par Vincent Lautier - Publié le

L'Union européenne s'apprête à serrer la vis à Starlink et Amazon Kuiper sur le spectre satellite mobile. La Commission veut réserver deux tiers des fréquences de la bande 2 GHz aux entreprises européennes, contre un tiers seulement pour les acteurs américains. Une décision qui doit favoriser la constellation IRIS2 et freiner l'expansion de SpaceX sur le continent.

L'Europe a trouvé comment limiter Starlink


Deux tiers pour l'Europe



La Commission européenne va figer un partage très clair des fréquences satellitaires mobiles. Les entreprises enregistrées dans l'UE, au Royaume-Uni ou en Norvège récupéreront les deux tiers du spectre disponible. Le tiers restant sera ouvert aux acteurs non-européens, et c'est là que Starlink et Amazon Kuiper devront se battre. La marge de manœuvre se réduit pour les américains, dans une bande dont les licences actuelles arrivent à échéance en mai 2027.

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30 MHz en jeu



La régulation porte sur la bande dite 2 GHz MSS, pour Mobile-Satellite Services. Ce sont 30 MHz de spectre répartis entre 1980-2010 MHz et 2170-2200 MHz, qui permettent à un téléphone ou à un véhicule de garder une connexion là où les réseaux terrestres ne passent pas. Les licences en cours ont été attribuées en 2009 à Inmarsat, devenu Viasat, et à Solaris, passé chez EchoStar. Elles expirent l'an prochain, et Bruxelles compte bien profiter de cette occasion pour rebattre les cartes.

IRIS2, le grand gagnant



Le principal bénéficiaire de cette nouvelle répartition s'appelle IRIS2. C'est la constellation européenne de 290 satellites portée par le consortium SpaceRISE, qui réunit SES, Eutelsat, Hispasat, Airbus, Thales Alenia Space et OHB. Le contrat de concession tient sur 12 ans pour un budget évalué à 10,5 milliards d'euros, dont 6,5 milliards de fonds publics. Les premiers services sont attendus à partir de 2030, avec une promesse de souveraineté qui justifie largement l'effort financier consenti par Bruxelles.

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On en dit quoi ?



L'Europe joue la carte de la souveraineté, et c'est en fait plutôt sain de voir Bruxelles refuser d'abandonner ce terrain à Elon Musk. Un tiers du spectre, c'est quand même une part qui n'a rien de symbolique pour Starlink, qui pourra continuer à opérer sans être totalement écarté bien sûr Le vrai test sera 2030 : si IRIS2 tient son calendrier, le pari sera gagné, sinon les arguments en faveur d'une ouverture plus large aux américains reviendront vite sur la table.