Bolt, le grand rival estonien d'Uber, et le californien Lucid ont signé un premier accord pour déployer au moins 25 000 voitures autonomes de niveau 4 dans les grandes villes européennes, avec un lancement espéré dès 2028. Sur le papier, le projet est énorme et pourrait changer le visage du VTC en Europe. Dans les faits, rien n'est encore signé.
Un duo assez inattendu
D'un côté, on trouve Bolt, la plateforme VTC estonienne présente dans plus de 850 villes. De l'autre, Lucid, le constructeur californien de berlines électriques de luxe qui a produit environ 18 000 voitures l'an dernier. Les deux entreprises ont annoncé un accord initial pour lancer au moins 25 000 robotaxis sur les routes européennes, sans préciser ni les villes concernées ni le montant des investissements. Bolt possédera et exploitera la flotte, alors que Lucid fournira les véhicules et pilotera le développement du projet.
Nvidia à bord
Ces robotaxis seront construits sur la future plateforme Midsize de Lucid, celle qui doit donner naissance à des modèles plus compacts et surtout bien moins chers que les actuelles Air et Gravity. Sauf que voilà, cette plateforme a été repoussée d'environ un an et n'arrivera qu'en 2027, ce qui explique un calendrier de lancement fixé au mieux à 2028. Les voitures embarqueront une conduite autonome de niveau 4, capable de se passer de conducteur dans une zone définie, et utiliseront l'architecture Hyperion de Nvidia pour les capteurs et le calcul. Le logiciel de conduite, lui, n'a toujours pas de nom. Bolt vise au passage 100 000 véhicules autonomes sur sa plateforme d'ici 2035, tous partenaires confondus.
Des promesses, zéro commande
Aucun argent n'a changé de mains, Bolt n'a pas commandé la moindre voiture, et on est donc plus proche de la lettre d'intention que du contrat ferme. Lucid sort en plus d'un été compliqué, avec près de 20 % de ses effectifs licenciés en juin dernier. Le constructeur a déjà promis au moins 35 000 véhicules à Uber pour des robotaxis américains équipés du logiciel de Nuro, dont les premiers doivent rouler d'ici la fin de l'année à Houston et dans la baie de San Francisco. Markus Villig, le patron de Bolt, reconnaît d'ailleurs lui-même que la réglementation européenne sera le principal obstacle du projet.
On en dit quoi ?
Voir un acteur qui connaît déjà parfaitement le terrain européen s'attaquer sérieusement au robotaxi, c'est plutôt une bonne nouvelle. Mais additionner un accord non contraignant, une plateforme qui n'existe pas encore et un logiciel de conduite toujours inconnu, ça fait quand même beaucoup d'inconnues pour une seule annonce. Promettre 25 000 robotaxis quand on a produit 18 000 voitures en un an, il faut oser. Rendez-vous en 2028 du coup.