Le "Full Self-Driving" n'existe plus en Europe, en tout cas sur les configurateurs. Tesla rebaptise son option "Tesla Assisted Driving", la conduite assistée donc, après des discussions avec le ministère allemand des Transports qui jugeait le nom trompeur. En échange, Berlin s'engage à défendre l'homologation du système dans toute l'Union européenne, avec un vote espéré d'ici la fin de l'année.
Berlin ne voulait plus du nom
Le ministre allemand des Transports Steffen Bilger a reçu Tesla en septembre, et le reproche posé sur la table était simple : vendre une "conduite entièrement autonome" alors que le conducteur doit garder les mains sur le volant et les yeux sur la route, ça ne passait plus. Le ministère a parlé d'un nom quelque peu trompeur, et c'est Tesla elle-même qui a proposé le nouveau baptême pendant ces discussions. Depuis le 8 octobre, les pages européennes de la marque affichent donc "Tesla Assisted Driving", avec un contenu repris quasi mot pour mot de la page américaine. La promesse d'une conduite 7 fois plus sûre qu'un conducteur humain est toujours là, elle.
Un accord donnant-donnant
Berlin n'a rien imposé par la force, tout s'est réglé en échange de bons procédés. Steffen Bilger s'engage maintenant à défendre une homologation européenne aussi rapide que possible, avec un vote à l'échelle de l'Union attendu au plus tôt en décembre. Il faudra convaincre 15 des 27 États membres représentant 65 % de la population, et la France comme la Suède ont déjà exprimé des réserves sur la gestion de la vitesse. Tesla a d'ailleurs lâché du lest sur ce point précis : le système se limitera à 10 % au-dessus de la limite détectée, alors que l'homologation néerlandaise tolérait jusqu'à 50 % de dépassement. Les Pays-Bas avaient été les premiers à dire oui en mars, et la fonction est aujourd'hui proposée dans huit pays, dont la Belgique et le Danemark.
Et en France ?
Chez nous, rien ne bouge pour le moment. Le système n'est pas homologué, et Tesla a retiré en mai l'option à 7 500 euros de son configurateur pour la remplacer par un abonnement à 99 euros par mois, dont les fonctions s'activeront au rythme des autorisations. Tout dépend du vote de décembre, et personne ne se risque à donner une date pour nos routes.
On en dit quoi ?
Pendant presque dix ans, Tesla a vendu une conduite entièrement autonome qui ne l'était pas complètement, en encaissant jusqu'à 7 500 euros l'option, et il aura suffi de quelques réunions avec un ministre allemand pour que le nom colle enfin à la réalité. Le plus rigolo, c'est que la marque vient d'accepter en quelques semaines ce que les régulateurs américains lui réclament depuis des années sans jamais l'obtenir. Mais bon, un nom honnête contre un marché de 450 millions d'habitants, l'affaire était vite vue.