SpaceX et xAI veulent construire une usine de satellites sur la Lune et les expédier dans l'espace grâce à un gigantesque canon électromagnétique, avec l'objectif d'alimenter un réseau orbital dédié à l'intelligence artificielle. Elon Musk a détaillé ce projet devant ses employés d'xAI, lors d'une réunion rapportée par le New York Times. C'est ambitieux, un peu dingue, et typiquement Musk.
Une usine et un canon géant sur la Lune
Lors d'une réunion interne chez xAI rapportée par le New York Times, Elon Musk a donc présenté à ses employés un projet quelque peu ambitieux : construire une usine de fabrication de satellites directement sur la surface lunaire. Ces satellites, dédiés à l'intelligence artificielle, seraient ensuite propulsés dans l'espace par ce qu'on appelle un mass driver, une sorte de rail électromagnétique qui fait office de catapulte géante. Les satellites ainsi lancés alimenteraient un centre de données IA en orbite, refroidi par le vide spatial et alimenté par l'énergie solaire. Facile.
Techniquement, la Lune présente quelques avantages. Sa gravité ne représente qu'un sixième de celle de la Terre, et il n'y a pas d'atmosphère, ce qui élimine toute résistance. Du coup, il faudrait atteindre seulement 8 500 km/h pour expédier un objet en orbite, contre bien plus depuis la Terre.
Mars attendra, la Lune d'abord
C'est un gros changement de cap pour SpaceX. Début février, Musk a confirmé que l'entreprise mettait finalement Mars de côté au profit d'une ville lunaire autosuffisante réalisable en moins de dix ans. Une colonie martienne prendrait plus de vingt ans, selon lui. SpaceX vise d'ailleurs désormais mars 2027 pour un premier atterrissage non habité de Starship sur la Lune. Ça reste très ambitieux.
Ce revirement arrive quelques jours après la fusion entre SpaceX (valorisée 1 000 milliards de dollars) et xAI (250 milliards). L'idée : combiner la puissance de Starship avec les besoins en calcul d'xAI pour déployer, à moyen terme, entre 500 et 1 000 térawatts par an de satellites IA dans l'espace lointain.
Quelques questions quand même
Le timing de cette annonce pose quand même quelques questions. Six des douze cofondateurs d'xAI ont démissionné ces derniers jours, dont Tony Wu et Jimmy Bao, et une introduction en bourse se profile. Difficile de ne pas y voir un coup de com' pour faire contre-feu.
Côté technique, les obstacles sont assez nombreux. Un mass driver devrait accélérer ses charges à environ 10 000 g, un niveau que quasiment aucun composant électronique ne peut encaisser aujourd'hui. Et puis rappelons que Musk avait promis des missions cargo vers Mars dès 2022, et on les attend toujours.
On en dit quoi ?
Elon Musk est très fort pour lâcher des annonces ultra spectaculaires. Le mass driver lunaire n'est pas un concept nouveau, les scientifiques, écrivains et industriels en parlent depuis des décennies. Ce qui change, c'est qu'un patron qui pèse 1 000 milliards de dollars dit vouloir en construire un pour de vrai. Maintenant, entre une réunion avec les salariés du groupe et une usine opérationnelle à 384 000 km de la Terre, il y a quelques petites étapes intermédiaires.