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Une borne Electra dans la cour de l'Élysée ?

Par Vincent Lautier - Publié le

On vous en a déjà parlé, Emmanuel Macron a réuni hier environ 200 industriels, énergéticiens et constructeurs pour ce qu'il appelle l'équipe de France de l'électrification. Le tout dans une cour d'honneur transformée pour l'occasion en vitrine de la filière, avec une borne Electra plantée juste à côté d'un transformateur sans gaz fluoré et de tracteurs électriques.

Visuel : Felix Hamer - electricfelix
Visuel : Felix Hamer - electricfelix


Une cour d'honneur en mode showroom



Il fallait du visuel, et l'Élysée n'a pas fait dans la demi-mesure. Une borne de recharge ultra-rapide Electra a été installée dans la cour, accompagnée de tracteurs et d'engins de chantier électriques, et d'un transformateur Schneider Electric sans gaz fluoré (ces fameux gaz à effet de serre utilisés dans le froid, la climatisation et les équipements électriques). Une démonstration tous azimuts pour appuyer le discours présidentiel : l'électrification, ce n'est pas un slogan, ce sont des produits qui existent déjà et qui sortent d'usines françaises. Macron a martelé devant ses invités que la France est désormais une puissance électrique majeure et qu'il fallait rendre la transition naturelle et désirable.

Une borne Electra dans la cour de l'Élysée ?


Les acteurs autour de la table



La liste des invités est d'ailleurs assez parlante. Bernard Fontana pour EDF, Aurélien de Meaux le cofondateur d'Electra, Céline Stein chez Octopus Energy, Xavier Duchemin pour Stellantis France, Michel-Edouard Leclerc qu'on ne présente plus, Émilie Piette à la tête de RTE, Aymeric Renaud pour Schneider Electric France ou encore Marie-Christine Lombard de Geodis. Tout ce monde s'est retrouvé autour de deux tables rondes, dans la continuité du Plan d'électrification des usages présenté par le Premier ministre en avril dernier. Quatre secteurs prioritaires ont été ciblés : la mobilité, le transport, l'industrie et le bâtiment. Plusieurs pactes sectoriels ont été signés à la sortie.

Une borne Electra dans la cour de l'Élysée ?


Les engagements pris autour de la borne



Côté recharge, les opérateurs se sont donc engagés à déployer 240 000 bornes supplémentaires d'ici 2030, dont 60 000 rapides ou ultra-rapides, pour viser 400 000 au total dans le pays. Electra met 300 millions d'euros sur la table pour installer 1 000 points ultra-rapides par an, soit une inauguration tous les deux jours, en s'ajoutant à ses 400 stations déjà en service. Octopus Energy promet 10 000 pompes à chaleur installées sur les douze prochains mois et jusqu'à 150 millions d'euros pour bâtir une usine de PAC en France, la filière visant un million de pompes à chaleur produites dans l'Hexagone par an d'ici 2030. À cela s'ajoute, pour rappel, l'investissement d'un milliard d'euros annoncé par Stellantis sur son site de Mulhouse, qui a déjà fait un peu jaser. Le tout pour faire passer la part des fossiles de 60% à moins de 30% d'ici 2035.

On en dit quoi ?



La mise en scène a le mérite d'être explicite. Une borne Electra dans la cour, des tracteurs verts, des PDG qui signent des pactes : c'est de la politique industrielle façon clip de campagne, mais l'image fonctionne. C'est quand même la première fois que la filière électrique française se retrouve embarquée d'un bloc avec un calendrier commun, et ça n'a rien d'anodin. Par contre, on l'a déjà vu avec d'autres équipes de France (numérique, IA, hydrogène), les engagements pris en grande pompe ne se concrétisent pas toujours dans les délais annoncés. Une borne dans la cour de l'Élysée, c'est joli pour la photo, mais ce qui compte vraiment, ce sont les 240 000 qui doivent pousser sur les parkings d'ici 2030. La difficulté est aussi politique : aides à l'achat, leasing social, normes européennes, tout peut pivoter d'un budget à l'autre. Bon, on garde la photo de la borne et on se redonne rendez-vous dans cinq ans pour compter les vraies installations effectives ?