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Grève chez Ubisoft : 1 200 salariés mobilisés

Par Vincent Lautier - Publié le

Les salariés d'Ubisoft sont toujours en grève, dans tous les studios français et même en Italie. Le mouvement, qui rassemble 1 200 personnes selon les syndicats, proteste contre le plan de restructuration annoncé le 21 janvier par Yves Guillemot : 200 millions d'euros d'économies, des suppressions de postes et la quasi-suppression du télétravail.

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Un plan de réorganisation qui passe mal



Le 21 janvier, Yves Guillemot a annoncé une refonte complète de l'organisation d'Ubisoft. L'éditeur se réorganise autour de cinq entités baptisées "Creative Houses", chacune spécialisée sur un genre de jeu. Le plan prévoit 200 millions d'euros d'économies sur deux ans, 200 départs au siège de Saint-Mandé sur 1 100 salariés, et l'annulation de six jeux, dont le remake tant attendu de Prince of Persia : Les Sables du Temps. Le groupe, qui a perdu un milliard d'euros et enchaîné les échecs commerciaux avec Star Wars Outlaws et Assassin's Creed Shadows, a aussi fermé plusieurs studios à l'étranger, de San Francisco à Stockholm.

Grève chez Ubisoft : 1 200 salariés mobilisés


Le retour au bureau cinq jours par semaine



C'est le plus gros point de blocage : la direction de l'entreprise veut imposer le retour au bureau à plein temps, alors qu'un accord sur deux jours de travail à distance avait été obtenu fin 2024, après une précédente grève. D'ailleurs, 60 % des salariés ont déclaré qu'ils quitteraient la société s'ils perdaient ces avantages. Le STJV, syndicat des travailleurs du jeu vidéo, dénonce aussi une multiplication des accidents du travail, et a déclenché plusieurs alertes pour des "dangers graves et imminents".

Grève chez Ubisoft : 1 200 salariés mobilisés


1 200 grévistes et une référence à France Télécom



Les syndicats revendiquent donc 1 200 grévistes sur les 4 000 salariés français d'Ubisoft. La direction, elle, en compte 538, soit moins de 15 %. Les piquets de grève se sont formés à Paris, Montpellier, Lyon, Annecy, Bordeaux et même Milan. Un délégué STJV a comparé la situation à celle de France Télécom entre 2007 et 2010, période marquée par une vague de suicides liée aux plans de restructuration.

On en dit quoi ?



Ubisoft traverse une sale période, et cette grève le montre bien. On parle quand même d'un éditeur qui a perdu un milliard d'euros, qui annule des jeux très attendus, et qui demande à ses salariés de revenir au bureau cinq jours par semaine en guise de solution. La comparaison avec France Télécom est peut-être un peu violente, mais elle dit quelque chose sur l'état d'esprit du moment. Quand 60 % de vos salariés parisiens menacent de partir si on leur impose le présentiel, c'est qu'il y a un vrai problème de fond. Au passage, le problème d'Ubisoft, ce n'est pas que le télétravail : c'est aussi qu'il faut refaire de bons jeux.