L’intelligence artificielle devient désormais un sujet politique, économique mais aussi spirituel. Dans sa toute première encyclique, le pape Léon XIV a choisi un sujet très tech et place l’IA au centre des grandes préoccupations contemporaines et appelle à défendre la personne humaine face au déluge algorithmique.
Une encyclique entièrement tournée vers l’IA
Intitulée Magnifica humanitas, cette première grande lettre doctrinale du nouveau souverain pontife a été officiellement présentée hier 25 mai au Vatican. Le thème central est sans ambiguïté : la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Il pourrait même se retrouver au prochain bac de philo (sortez une feuille, vous avez cinq heures !).
Le Vatican évoque directement les bouleversements provoqués par les technologies génératives et les risques d’une société dominée par les algorithmes. Selon plusieurs extraits déjà dévoilés, Léon XIV estime que le seul rempart ne peut être que l’humain et non un outil informatique. La polémique est vaste à l'heure où l’IA envahit progressivement tous les secteurs : travail, création, éducation, santé, information, ou encore relations sociales.
Image @Vatican Media
Le Vatican poursuit la ligne de François
Le nouveau pape s’inscrit clairement dans l’héritage du pape François, qui alertait déjà depuis plusieurs années sur les dérives potentielles de l’intelligence artificielle. Ce dernier avait régulièrement alerté sur la nécessité de placer l’humain au centre.
Mais Léon XIV pousse encore davantage la réflexion en reliant directement l’IA aux grandes transformations industrielles de l’histoire. Le choix même de son nom n’est probablement pas anodin. En effet, il fait explicitement écho à Léon XIII, célèbre pour avoir affronté les bouleversements sociaux de la révolution industrielle à la fin du XIXe siècle. Cette fois, le Vatican considère manifestement que l’intelligence artificielle représente une rupture comparable.
Une présence symbolique : Anthropic invité au Vatican
Le détail le plus marquant reste peut-être la présence de Christopher Olah lors de la présentation officielle de l’encyclique. Le cofondateur d’Anthropic — l’un des grands concurrents d’OpenAI — participait à l’événement au Vatican.
Ce choix a tenu à montrer que l’Église Catholique cherche plutôt à dialoguer avec les acteurs de l’IA. Anthropic s’est justement construit autour d’un discours très axé sur la sécurité, l’alignement des modèles, et les risques liés aux IA avancées. Le Vatican semble vouloir devenir un acteur moral du débat mondial autour de l’intelligence artificielle.
Qu'en penser ?
Le texte évoque des risques connus comme l’automatisation, les décisions algorithmiques, la désinformation, et la perte progressive du discernement humain (certains diraient du potentiel de réflexion).
Cette encyclique montre surtout que l’IA dépasse désormais largement le simple cadre technologique. Aux côtés des gouvernements, régulateurs, géants de la tech et chercheurs, les théologiens pourraient bien s'inviter aux débats.