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Samsung veut entrer au capital de Mistral

Par Vincent Lautier - Publié le

Mistral, le champion français de l'intelligence artificielle, serait sur le point de boucler une levée de fonds qui le valoriserait autour de 20 milliards d'euros. Parmi les prétendants, un nom qui surprend, Samsung, prêt à mettre près d'un milliard sur la table. De quoi presque doubler la valeur de la start-up en moins d'un an.

Samsung veut entrer au capital de Mistral


Une valorisation qui s'envole



C'est le Financial Times qui a lâché l'information, et elle a de quoi faire tourner les têtes. Mistral, la start-up parisienne fondée en 2023 par d'anciens de chez Google et Meta, discuterait un nouveau tour de table qui la valoriserait autour de 20 milliards d'euros. Pour se rendre compte du chemin parcouru, il faut se rappeler qu'en septembre dernier, la société bouclait déjà une levée de 1,7 milliard d'euros menée par le géant néerlandais des machines à puces ASML, sur une valorisation de 11,7 milliards. En même pas dix mois, la valeur de l'entreprise aurait donc presque doublé.

Samsung veut entrer au capital de Mistral


Pourquoi Samsung s'en mêle



Le nom qui retient l'attention dans ce tour, c'est Samsung. Le groupe coréen serait en discussions pour injecter près d'un milliard d'euros, aux côtés du suédois EQT et de son fonds Scaleup Europe. Pour un fabricant de puces et de smartphones, prendre pied chez un créateur de modèles d'IA a du sens, en particulier pour nourrir l'intelligence artificielle embarquée dans ses Galaxy et ne pas rester dépendant des seuls Américains. Mistral, de son côté, se pose depuis le début en alternative européenne à OpenAI et fournit même l'armée française, ce qui en fait un dossier autant stratégique que technologique.

Un champion souverain financé de l'étranger



Voilà où le tableau devient un peu ironique. Mistral est brandie partout comme l'étendard de la souveraineté technologique française et européenne, celle qui doit nous éviter de tout confier aux mastodontes de la Silicon Valley. Sauf que son financement vient surtout d'ailleurs. Le néerlandais ASML hier, le coréen Samsung et le suédois EQT aujourd'hui. Le champion tricolore existe bel et bien, il tient tête aux Américains sur la techno, mais son carnet de chèques se remplit à coups de capitaux venus de partout sauf de France.

Samsung veut entrer au capital de Mistral


On en dit quoi ?



Voir Mistral doubler sa valeur et attirer un poids lourd comme Samsung, c'est la preuve que la boîte joue vraiment dans la cour des grands et pas seulement dans les discours de nos ministres. Reste ce paradoxe bien connu chez nous, une pépite qu'on adore présenter comme souveraine mais dont le capital se garnit d'investisseurs étrangers. La technologie est française, l'argent beaucoup moins, et c'est peut-être ça le vrai visage de l'IA européenne aujourd'hui.