L'intégration de ChatGPT dans Siri devait être la vitrine d'Apple Intelligence. Deux ans plus tard, OpenAI explique dans des documents judiciaires que la fonction a dramatiquement sous-performé dès son lancement, et que les utilisateurs d'iPhone lui ont toujours préféré l'application officielle. Ces aveux sortent du procès qui oppose l'entreprise à Elon Musk. Pas très glorieux.
Mais d'où sortent ces aveux ?
Tout part de la plainte déposée en août 2025 par la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk, qui accuse Apple et OpenAI de s'être entendus pour verrouiller le marché des assistants sur iPhone et freiner son chatbot Grok. Les accusations visant Apple ont été abandonnées en septembre, et OpenAI se retrouve donc seule à se défendre avant un procès prévu pour janvier 2027 au Texas. C'est dans ses conclusions que l'entreprise de Sam Altman déballe tout : l'intégration de ChatGPT dans Siri, lancée avec iOS 18.2 en décembre 2024, a dramatiquement sous-performé. Un mois après le lancement, OpenAI revoyait déjà à la baisse ses prévisions d'utilisateurs actifs hebdomadaires. En mars 2026, la fonction était classée en interne parmi les produits en sous-performance persistante.
Mais pourquoi ce bide ?
Pour OpenAI, le problème vient de la conception même de l'accord. La fonction était désactivée par défaut, et il fallait passer par plusieurs étapes de validation dans les réglages avant de pouvoir envoyer la moindre requête vers ChatGPT depuis Siri. Du coup, les possesseurs d'iPhone ouvraient directement l'application ChatGPT, bien plus complète, plutôt que de passer par l'assistant d'Apple. L'accord interdisait en plus toute collecte de données et tout entraînement des modèles à partir des requêtes venues de Siri. Le seul bénéfice qu'OpenAI espérait en tirer était un effet de notoriété, censé amener de nouveaux utilisateurs et des abonnés payants. Cet effet n'est jamais venu.
Un flop qui arrange bien OpenAI
Ce bide est devenu un argument de défense. Difficile d'accuser deux entreprises d'avoir verrouillé le marché avec une intégration que presque personne n'utilisait. OpenAI rappelle d'ailleurs que l'accord n'a jamais été exclusif : Apple a refusé la demande d'exclusivité de deux ans formulée par son partenaire, et travaille désormais aussi avec le Gemini de Google, dans Xcode comme pour Siri. De son côté, Apple a continué de développer ses propres modèles maison, sans jamais confier à OpenAI d'autres fonctions de son assistant.
On en dit quoi ?
Ce naufrage n'a en fait rien d'étonnant. Entre une activation cachée au fond des réglages et un Siri toujours aussi limité, la greffe n'avait quasiment aucune chance de prendre, et il aura quand même fallu une plainte d'Elon Musk pour qu'on apprenne que la fonction la plus médiatisée d'Apple Intelligence ne servait presque à rien. Les deux partenaires de 2024 ont visiblement déjà tourné la page, Apple avec ses modèles maison et le renfort de Google, OpenAI avec une application qui se suffit très bien à elle-même.