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Super Intelligence Force : Trump lance un nouvel organisme pour les contrôler tous

Par Vincent Lautier - Publié le

Donald Trump a annoncé le 4 octobre, sur Truth Social, la création d'une Super Intelligence Force chargée de coordonner tout l'effort fédéral autour de l'IA, enfin, pardon, de la super intelligence. À sa tête, Jay Clayton, le patron du renseignement américain, entouré de trois poids lourds de l'administration et sommé de rendre un premier rapport sous 120 jours.

Super Intelligence Force : Trump lance un nouvel organisme pour les contrôler tous


Un casting très politique



Jay Clayton, ancien président de la SEC, le gendarme boursier américain, prend donc la tête de cette cellule qui devra garantir que l'Amérique continue de mener le monde en super intelligence. Il sera entouré d'Andrew Ferguson, le président de la FTC, d'Emil Michael, un ancien d'Uber aujourd'hui sous-secrétaire à la Guerre chargé de la recherche, et de Scott Kupor, ex-associé du fonds Andreessen Horowitz qui pilote aujourd'hui la fonction publique fédérale, tous les trois installés à la vice-présidence de la structure. Le groupe rendra des comptes directement à Donald Trump et à sa cheffe de cabinet Susie Wiles. Condoleezza Rice et David Sacks, l'ancien tsar de l'IA parti en mars, conseilleront eux depuis l'extérieur.

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L'IA ? Connais pas



On vous en a déjà parlé, un décret signé fin septembre impose aux agences fédérales d'employer le terme super intelligence à la place d'"intelligence artificielle", en faisant comme si l'ancien mot n'avait jamais existé. L'objectif est de redorer l'image d'une technologie que les Américains regardent avec une méfiance grandissante, le président ayant balayé les inquiétudes sur la sécurité de l'IA en les qualifiant de canular de la gauche radicale. Quelques semaines plus tôt, il sondait d'ailleurs ses partisans sur ce changement de nom, et parlait encore d'une simple AI Force, rebaptisée depuis comme tout le reste.

Mais pour faire quoi ?



La cellule dispose de 120 jours pour livrer un rapport sur les risques et les opportunités de la technologie, préparer des plans de riposte face aux menaces liées à la super intelligence et empêcher, c'est écrit noir sur blanc dans sa charte, toute surrégulation et toute capture réglementaire qui étoufferaient l'innovation face à la Chine. Aucun budget ni pouvoir concret n'accompagne l'annonce pour le moment. Elle arrive quand même juste après une cérémonie à la Maison-Blanche où les grands patrons de la tech ont signé un engagement volontaire sur la sécurité de l'IA, un texte qui ne les contraint juridiquement à rien.

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On en dit quoi ?



Cette force spéciale ressemble beaucoup à une opération de communication. Rebaptiser l'IA par décret ne fabrique ni puces ni modèles, et confier le dossier au chef des espions entouré d'anciens de la finance et du capital-risque annonce moins de garde-fous, pas plus. Vu d'Europe, où l'AI Act impose exactement la démarche inverse, le fossé entre les deux continents se creuse encore un peu plus.