Nvidia pourrait retirer sa carte graphique la plus puissante du catalogue GeForce. D'après plusieurs fuites concordantes, toutes les futures puces GB202, celles qui équipent la RTX 5090, partiraient vers les cartes professionnelles RTX PRO, vendues près de huit fois plus cher. Les joueurs, eux, devront se contenter des stocks qui traînent encore en rayon.
Toutes les puces pour les pros
La rumeur vient du leaker MEGAsizeGPU, généralement bien renseigné sur les lignes de production de Nvidia, qui affirme que l'intégralité des futures puces GB202 sera réservée à la gamme RTX PRO. Pour dire ça plus simplement, la RTX 5090 ne serait tout bonnement plus fabriquée. Nvidia n'a rien confirmé, aucun calendrier n'a filtré, mais un deuxième informateur va dans le même sens et évoque une RTX 5080 qui passerait de 16 à 24 Go de GDDR7, probablement pour faire passer la pilule auprès des joueurs. Conditionnel partout, donc. Sauf que la logique économique derrière tout ça colle parfaitement.
16 000 dollars la carte pro
Le GB202 est la plus grosse puce de la génération Blackwell. Dans la RTX 5090, elle est partiellement désactivée, avec 21 760 cœurs CUDA et 32 Go de mémoire, pour un tarif de lancement qui était de 1 999 dollars. La même puce, poussée cette fois à 24 064 cœurs et accompagnée de 96 Go de GDDR7, donne la RTX PRO 6000, que Nvidia facture maintenant 16 000 dollars sur sa propre boutique. Au lancement, l'an dernier, cette carte coûtait autour de 8 500 dollars. Le tarif a quasiment doublé depuis, sans décourager grand monde visiblement, puisque tous ceux qui veulent faire tourner de l'IA en local s'arrachent ses 96 Go de mémoire. Le calcul, chez Nvidia, a dû prendre une dizaine de secondes.
Par chez nous, l'addition pique déjà
La situation française n'avait pas attendu cette rumeur pour devenir pénible. Lancée à 2 349 euros début 2025, la RTX 5090 se négocie aujourd'hui au-delà des 6 500 euros chez LDLC. Elle a pris 1 100 euros en un mois. Oui, 1 100 euros. Entre la mémoire GDDR7 qui manque partout et des assembleurs de serveurs IA qui raflent les cartes gaming par palettes entières, les rayons étaient déjà bien clairsemés. Alors si les usines cessent vraiment d'alimenter les GeForce, ce qui dort encore en stock partira en quelques semaines, et l'occasion se négociera à des tarifs de collectionneur.
On en dit quoi ?
Vendre ses puces au plus offrant, c'est de bonne guerre, on ne va pas reprocher ça à Nvidia. Mais pour les joueurs, le message est violent. La GeForce la plus prestigieuse du catalogue ne sert plus de vitrine, elle sert de variable d'ajustement aux marges de l'IA. Personne ne concurrence Nvidia sur ce segment, et rien ne l'obligera donc à faire machine arrière. Les plus fortunés se consoleront peut-être avec cette hypothétique 5080 dotée de 24 Go, les autres ont de toute façon arrêté de regarder les prix depuis un moment.