La bataille judiciaire entre Apple et OpenAI repart dans l'autre sens. OpenAI affirme qu'un ancien de ses équipes, reparti chez Apple après six mois seulement, a envoyé plus de 100 fichiers confidentiels vers ses comptes personnels, avant de présenter l'appareil secret de la société aux plus hauts responsables de Cupertino. Apple assure de son côté n'avoir rien trouvé qui confirme ces accusations.
Six mois, puis retour à Cupertino
Tout figure dans un document déposé cette semaine devant la cour fédérale de San José, en Californie. Un salarié arrivé d'Apple n'est resté que six mois dans la division matérielle d'OpenAI, celle qui prépare le fameux appareil conçu avec Jony Ive, avant de retourner chez son ancien employeur. Le jour de son départ, en juin, il aurait transféré plus de 100 fichiers vers ses comptes personnels, avec dedans des images détaillées de l'appareil, des données d'ingénierie et de fabrication, des informations sur les fournisseurs et jusqu'aux finitions envisagées. OpenAI ne donne pas son nom, mais la société s'inquiète ouvertement de voir ses secrets circuler dans les couloirs d'Apple.
Une présentation jusqu'au sommet
D'après OpenAI, l'intéressé a ensuite présenté ces plans à plusieurs hauts dirigeants d'Apple, dont le vice-président chargé des opérations en Asie, quelques mois avant l'annonce du HomeView, cet écran connecté à 299 dollars dévoilé en début de semaine. Personne n'affirme noir sur blanc que le produit d'Apple doit quoi que ce soit à ces documents, mais OpenAI réclame des garanties, et veut savoir si Apple détient ou a exploité ses informations. Cupertino répond qu'aucune preuve ne soutient ces accusations, et que des procédures internes empêchent justement les nouvelles recrues d'utiliser les données d'un ancien employeur.
C'est Apple qui avait dégainé
Ce dépôt est une réplique, car en juillet, Apple avait attaqué OpenAI devant le même tribunal, en accusant deux anciens de la maison, l'ingénieur Chang Liu et Tang Yew Tan, un vice-président passé par le design de l'iPhone et de l'Apple Watch, d'avoir emporté des secrets vers la division matérielle d'OpenAI. Sur ce front-là, OpenAI vient d'ailleurs de lâcher du lest. La société s'est engagée à ne pas utiliser les secrets revendiqués par Apple tant que la procédure durera, et accepte que les appareils de 14 employés passent par une analyse forensique. Le procès est attendu pour octobre 2027, devant le juge Edward Davila.
On en dit quoi ?
Cette affaire raconte surtout la guerre des talents que se livrent les deux sociétés. Quand les ingénieurs font la navette entre Cupertino et OpenAI en six mois, les secrets voyagent forcément avec eux, et aucun accord de confidentialité ne pèse bien lourd face à une présentation devant la direction. Apple se retrouve du coup accusé très exactement de ce qu'il reprochait à OpenAI il y a trois mois, au moment précis où son HomeView débarque dans les salons américains.