Un tiers des salariés français de Meta sont invités à préparer leur départ. La filiale du groupe de Mark Zuckerberg finalise une rupture conventionnelle collective qui prévoit une centaine de départs sur environ 300 postes, six mois après un plan mondial qui supprimait déjà 10 % des effectifs pour financer la course à l'IA.
Une centaine de départs négociés
D'après les informations de La Lettre, la direction française de Meta finalise en ce moment une rupture conventionnelle collective, un dispositif qui organise des départs volontaires indemnisés sans passer par un licenciement économique. Une centaine de salariés sur environ 300 quitteraient l'entreprise dans ce cadre, soit un tiers des effectifs hexagonaux de la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp. Le groupe n'a encore rien annoncé publiquement, ce genre de procédure se négocie avec les représentants du personnel bien avant la moindre communication, et les chiffres peuvent en théorie encore bouger tant que l'administration n'a pas validé l'accord.
La facture de l'IA
En avril, Meta annonçait en interne la suppression d'environ 8 000 postes dans le monde, près de 10 % de ses quelque 79 000 salariés, auxquels s'ajoutaient 6 000 postes vacants qui ne seront jamais pourvus. La justification était assumée dès le départ : compenser les investissements dans l'intelligence artificielle, un gouffre qui atteint cette année entre 115 et 135 milliards de dollars en puces et en centres de données, dont au moins 60 milliards pour un seul accord signé avec AMD. Mark Zuckerberg expliquait en janvier que des projets qui mobilisaient autrefois des équipes entières peuvent maintenant reposer sur une seule personne de très haut niveau. Le message est passé, et visiblement pas seulement en Californie.
La deuxième coupe en trois ans
Début 2024, un premier plan avait déjà supprimé 94 postes sur 358, un quart de la filiale, et la recherche en intelligence artificielle installée à Paris avait alors été soigneusement épargnée. Cette protection ne veut plus dire grand-chose aujourd'hui : Yann LeCun, qui avait fait de la capitale l'un des grands laboratoires d'IA de Meta, a quitté le groupe il y a un an pour fonder sa propre société, AMI Labs, installée elle aussi à Paris. Si le plan va au bout, l'effectif français passera de 358 salariés début 2024 à quelque 200, une division par deux ou presque.
On en dit quoi ?
Un tiers des effectifs en France contre 10 % au niveau mondial, la répartition n'est pas très flatteuse pour Paris. La vitrine du grand laboratoire d'IA parisien ne protège plus personne depuis que son fondateur est parti voir ailleurs. Et puis Meta ne coupe pas ces postes pour éponger des pertes, l'argent existe. Il part juste dans les puces d'AMD et dans le béton des centres de données, et les salariés français se retrouvent quand même à régler une partie de la note.