Nous sommes quatre à la rédaction à avoir commandé le MacBook Neo, chacun avec des choses différentes à vous raconter. Laurence l'a utilisé une semaine en conditions réelles, June a raconté sa journée de travail heure par heure. Mon approche est un peu différente : j'ai accompagné une camarade dans sa toute première migration de Windows vers macOS, dès le premier jour de sortie du Neo.
Un test pas comme les autres
Pénélope a 35 ans. Depuis quelques années, son quotidien informatique tourne autour d'un HP ENVY 13 pouces sous Windows, et elle utilise un Google Pixel 9a comme smartphone. Tout ceci pour un mélange d'utilisation pro et perso. Elle n'avait jamais touché à un Mac de sa vie avant ce MacBook Neo.
Mais voilà, entre un iPad qu'elle utilise régulièrement pour son travail, qui lui a donné un avant-goût d'iOS, et une vraie curiosité pour le design du MacBook Neo (elle a craqué pour le coloris jaune, comme moi), et mes recommandations un peu insistantes, elle a décidé de tenter le coup. Le timing était parfait : le Neo venait tout juste d'être annoncé, et de sortir.
Parce que je trouve que Touch ID est vraiment indispensable, je lui ai conseillé la version 512 Go à 799 euros qui l'intègre. Aussi parce que 256 Go en 2026, c'est un peu léger. L'idée derrière ce « test », c'est de répondre à une question que beaucoup de lecteurs se posent : est-ce que le MacBook Neo est le bon choix pour un premier Mac ?
La machine en quelques mots
Laurence et June ont déjà fait une analyse très détaillée sur les spécifications et l'usage au quotidien de cette machine, je ne vais donc pas tout reprendre ici, ils sont bien plus doués que moi. En résumé : le MacBook Neo embarque une puce A18 Pro, 8 Go de RAM, un écran Liquid Retina de 13 pouces à 500 nits, deux ports USB-C (dont un en USB 2, on y reviendra), pas de rétroéclairage clavier, et une autonomie autour de 7 à 8 heures dans le meilleur des cas, selon les usages.
Côté finition, c'est du Apple pur jus : aluminium impeccable, charnière ferme et irréprochable, le même niveau de fabrication que sur les machines plus chères. Comme June l'a bien noté dans son test, le trackpad mécanique est une réussite et on s'y fait très vite. Laurence a confirmé que pour un usage bureautique quotidien, le Neo se fait oublier. C'est exactement ce que Pénélope recherchait.
Sauf que voilà, 8 Go de RAM, c'est un peu limité. Alors certes, pas forcément tout de suite en 2026, mais les années vont passer, avoir toujours 8 Go de RAM en 2030, c'est un peu l'aventure entre nous. Et puis parlons de ce port USB 2 en 2026, mais quelle blague internationale, ça n'a rien de pratique... surtout quand on veut brancher un truc, et qu'on ne sait pas quel port choisir…
Les premiers jours sur macOS
C'est là que ça devient intéressant pour ce test. Pénélope a tout fait toute seule, sans moi, et sans utiliser l'Assistant de migration d'Apple. Elle a transféré ses fichiers via Google Drive, installé ses applications une par une, et configuré sa session elle-même. Je n'ai quasiment pas eu à intervenir, d'autant que son usage est assez différent du mien et que je n'avais de toute manière pas forcément toutes les réponses à ses questions. Pour tout vous dire, je suis passé sur Mac en 2008 après des années sur portable Sony Vaio, et je n'ai moi-même toujours pas pris l'habitude de tous les raccourcis macOS, cancre que je suis.
Ses premières heures sur ce premier Mac ont été un peu sportives. Le clic droit, déjà. Sous Windows, c'est le bouton droit de la souris ou du trackpad, point. Sur macOS, il faut activer le clic à deux doigts ou le clic dans le coin inférieur droit du trackpad, et quand on ne le sait pas, on tourne en rond. Les raccourcis clavier, aussi : Cmd au lieu de Ctrl, ça paraît anodin, mais quand vos doigts ont 15 ans de mémoire musculaire sur Ctrl+C et Ctrl+V, le cerveau met un moment à tout recâbler.
Et puis il y a les petites différences qui agacent au début. La touche Suppr qui n'existe pas (c'est Fn+Retour arrière sur Mac, pour ceux qui ne savent pas). Les caractères spéciaux qui ne sont pas aux mêmes endroits sur le clavier. La croix rouge qui ferme la fenêtre mais pas l'application, une logique qui rend fou tous les anciens de Windows lors des premiers jours. Le Finder qui ne fonctionne pas du tout comme l'Explorateur de fichiers. Et l'absence de touche Windows, qui sert un peu à tout quand on vient de chez Microsoft.
Mais voilà, elle m'a raconté qu'au bout de seulement quatre heures, elle n'était plus perdue. Pas encore à l'aise, mais plus perdue. C'est quand même assez rapide, et ça dit quelque chose sur la qualité de macOS : même sans mode d'emploi, on finit par trouver ses marques, sans y passer des jours.
Quelques conseils si vous faites le grand saut
Pour ceux qui envisagent eux aussi de passer de Windows à macOS, voici ce que j'ai retenu de l'expérience de Pénélope.
Prenez le temps. Ne faites surtout pas ça la veille d'un déplacement professionnel ou une semaine chargée. Gardez votre ancien PC accessible pendant au moins une semaine, le temps de vérifier que tous vos logiciels existent bien sur Mac et que vos fichiers sont correctement synchronisés.
Google Drive, Dropbox sont vos meilleurs amis pour la migration des données. L'Assistant de migration d'Apple fonctionne bien pour un Mac vers Mac, mais pour un passage depuis Windows, le transfert par le cloud est quand même plus simple. Pénélope n'a eu aucun problème avec Google Drive, et ça lui a permis de garder ses fichiers accessibles sur les deux machines pendant la transition.
Côté applications, la bonne nouvelle c'est que la quasi-totalité des logiciels courants existent sur les deux plateformes. Office, Google Workspace, les navigateurs, les messageries, tout est là. Pénélope n'a pas rencontré de souci de compatibilité avec ses outils pro. Après, ça ne fait qu'une semaine. Comme elle le dit elle-même, si ça se trouve j'ai oublié un truc. On verra bien.
Pour les raccourcis clavier, un conseil tout bête : imprimez ou affichez une feuille de correspondance Cmd/Ctrl les premiers jours. Ça évite de chercher à chaque manipulation et ça accélère vraiment l'adaptation.
Pénélope raconte
Histoire de ne pas faire le boulot tout seul, j'ai voulu donner la parole directement à Pénélope, pour que vous ayez son ressenti brut. Je lui ai donc posé quelques questions autour d'un chocolat chaud, histoire qu'elle me raconte tout ça.
Pourquoi tu as voulu quitter Windows après toutes ces années ? - Ça n'était pas du tout une nécessité, mais essentiellement pour avoir un écosystème unifié et pouvoir synchroniser toutes mes données entre mon iPad, mon ordi, et mon futur iPhone.
Quel a été le moment le plus frustrant pendant tes premiers jours sur macOS ? - Les premières heures, trouver les bonnes touches et les raccourcis a été un peu pénible.
Et le moment où tu t'es dit "je ne reviens pas en arrière" ? - Ce moment-là n'est pas encore arrivé en fait, il faudra un peu de temps pour que j'aie mes automatismes sur cet ordinateur. Et de toute manière je travaille sur Windows et Android au boulot.
Tu m'as dit que tu avais essayé de passer sur iPhone aussi, sans succès. Qu'est-ce qui s'est passé ? - Je ne suis pas encore passée sur iPhone en effet. Ma première tentative a été un échec, mais je compte retenter bientôt. Il faut juste que je le ressorte de la boîte et que je refasse la configuration. C'était un problème de timing, la migration était trop longue, pas si simple, et j'avais besoin d'avoir un téléphone fonctionnel rapidement.
Si tu devais donner un seul conseil à quelqu'un qui hésite entre un PC à 700 euros et le MacBook Neo ? - Si c'est pour un premier achat, inutile d'hésiter, MacBook direct. Si l'on vient du monde PC et Windows, selon l'âge et la capacité d'adaptation, il faut prendre un peu de temps pour réfléchir, s'organiser et s'habituer.
Et du coup, l'iPhone, c'est pour bientôt ? - C'est en cours, mais je ne me précipite pas, et je garderai le Pixel à portée de main pour faire ça en douceur.
La question de l'écosystème Apple
C'est le vrai sujet de fond derrière cette histoire. L'intérêt de passer sur Mac, c'est aussi ce que ça ouvre comme perspectives si on bascule tout chez Apple. La synchronisation entre un Mac, un iPad et un iPhone fonctionne remarquablement bien : photos, contacts, messages, notes, mots de passe, tout se retrouve partout sans effort. AirDrop pour transférer un fichier en deux secondes, Handoff pour continuer une tâche d'un appareil à l'autre, FaceTime disponible partout. Quand tout est Apple, les appareils se parlent entre eux et c'est un vrai confort au quotidien.
Pénélope avait déjà un iPad pour le travail, et le MacBook Neo commence justement à créer, pour elle, ce lien entre ses appareils. Mais sans iPhone, il manque une pièce. Elle a déjà tenté le passage du Google Pixel 9a vers un iPhone, et ça n'a pas fonctionné. Le contexte n'était pas bon : elle partait en déplacement le lendemain, elle avait besoin d'un téléphone opérationnel rapidement, et le temps d'adaptation nécessaire ne collait pas avec l'urgence du moment. L'iPhone est retourné dans sa boîte.
Mais ça se fera, elle l'assure. Elle vise un iPhone 17 plutôt qu'un 17e, parce que les capteurs photo du 17e sont trop limités pour son usage. C'est un choix que je comprends, même si ça alourdit la facture. Pour ceux qui ont un budget plus serré, l'iPhone 17e à 719 euros reste quand même une option intéressante. Combiné au MacBook Neo à 699 euros, on arrive à un duo Mac + iPhone sous les 1 500 euros. Ce n'est pas donné, mais pour deux produits neufs avec plusieurs années de mises à jour devant eux, c'est en fait un choix assez raisonnable.
La leçon de cette expérience ratée de Pénélope avec l'iPhone, c'est surtout une question de mauvais timing. Si vous voulez migrer d'Android vers iOS, faites-le un week-end tranquille, sans pression. Pénélope compte retenter la manipulation prochainement, et cette fois elle sait à quoi s'attendre. Et c'est la même chose quand on passe d'un PC à un Mac, prenez votre temps, ne faites pas ça à la va-vite.
On en dit quoi de tout ça ?
Je n'ai aucun doute que le MacBook Neo est une très bonne porte d'entrée sur Mac. La finition est irréprochable, l'interface est toujours très intuitive, même pour une âme en peine qui débarque de Windows, et pour un usage quotidien (bureautique, web, mails), la machine fait très bien ce qu'on lui demande.
Par contre, et je le dis franchement, je pense que le MacBook Neo est un peu trop limité pour son prix quand on le compare au MacBook Air. Avec les promotions régulières, on trouve des MacBook Air aux alentours de 800/900 euros. Pour une centaine d'euros de plus que le Neo, on gagne une puce M plus puissante, un rétroéclairage clavier, deux vrais ports USB-C rapides, et surtout 16 Go de RAM. L'écart de prix est mince, mais l'écart de prestations ne l'est pas, surtout pour ceux qui gardent leurs machines longtemps.
Vous l'avez compris, je me suis aussi pris un MacBook Neo, essentiellement parce que c'est mon métier de connaître ce genre de machines, mais clairement, si ça n'avait pas été pour le tester, j'aurais plutôt commandé un MacBook Air en promotion sur le Refurb. Ne serait-ce qu'à cause de la batterie qui me semble vraiment faiblarde sur le MacBook Neo. Et pour tout vous dire, je ne pense pas le garder.
Maintenant soyons clairs, je ne suis pas dans la cible de cette machine, mais pour un premier Mac sans se poser de questions et dans un budget contraint, le Neo fait bien le boulot. Même si une fois encore, si vous pouvez donner un peu plus d'argent à votre revendeur, ou attendre une bonne promotion sur le MacBook Air, vous aurez une machine bien plus polyvalente qui durera plus longtemps.
Didier devrait publier son propre test du MacBook Neo très prochainement. Il l'a embarqué avec lui en Chine pendant plusieurs jours, ce qui promet un retour d'expérience très complet sur l'autonomie en déplacement et l'usage intensif sur le terrain, j'ai hâte de lire, et j'espère que vous aussi, en attendant, voilà la note de Pénélope !
Le MacBook Neo est une porte d'entrée intéressante et accessible pour découvrir l'univers Apple, mais ses concessions techniques (8 Go de RAM, port USB 2, pas de rétroéclairage) limitent un peu son intérêt sur le long terme. Si le charme du design et la simplicité de macOS opèrent immédiatement, je vous conseille de lorgner vers un MacBook Air en promotion pour bénéficier d'une machine plus équilibrée et durable. Mais si votre budget est très contraint, alors c'est un meilleur choix qu'un PC au même prix.