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Vous ne comprenez rien aux "Epstein files" qui font trembler les États-Unis ? On vous explique tout

Par Vincent Lautier - Publié le

Ce week-end, le ministère de la Justice américain a publié 3,5 millions de pages de documents liés à l'affaire Jeffrey Epstein. Si vous voyez ce nom partout sans trop comprendre de quoi il s'agit, voici un résumé clair du dossier, de ses enjeux, mais surtout de ses derniers rebondissements.

Vous ne comprenez rien aux "Epstein files" qui font trembler les États-Unis ? On vous explique tout


Qui est Jeffrey Epstein ?



On va commencer par le commencement. Jeffrey Epstein était un financier américain, devenu milliardaire dans les années 1980. Derrière ses activités légales, il dirigeait un immense réseau d'exploitation, on ne peut plus sordide, de jeunes filles et jeunes femmes. Il possédait plusieurs propriétés privées, dont une tristement célèbre île dans les Caraïbes, et avait mis en place un système redoutable et très bien rodé pour piéger ces très jeunes femmes, qui étaient ses victimes. Son ex-compagne, Ghislaine Maxwell, était aussi sa complice pour trouver des victimes. Jeffrey Epstein était proche de nombreuses personnalités du monde politique, économique, médiatique et culturel, ce qui rend ce dossier absolument tentaculaire et explosif.

L'année 2008 est une année importante pour Jeffrey Epstein, car il obtient un accord judiciaire qui a fait grand bruit en Floride. Il négocie 13 mois de prison aménagée, alors que 36 victimes avaient déjà été identifiées. En juillet 2019, il est à nouveau inculpé, après une arrestation par le FBI. Il est retrouvé mort un mois plus tard dans sa cellule. La version officielle parle d'un suicide, mais beaucoup d'Américains refusent d'y croire. Son ex-compagne, Ghislaine Maxwell, a été condamnée à 20 ans de prison en 2022.

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Pourquoi on reparle de tout ça maintenant ?



Eh bien si on en reparle, c'est qu'en novembre 2025, le tout-puissant Congrès américain a voté à la quasi-unanimité l'ouverture du dossier. Il doit donc être diffusé, et ne relève plus du secret. Donald Trump a signé la loi dans la foulée (un peu à contrecœur selon certains analystes). Tout ceci oblige le ministre de la Justice à rendre publics tous les dossiers fédéraux liés à cette affaire. Une première publication a été faite en décembre 2025, mais de nombreuses pages étaient censurées, des parties entières ont même disparu du site du ministère, et au final, moins d'1 % du dossier était lisible. De quoi rendre encore plus dingues les Américains qui espéraient comprendre et en savoir plus sur ce système, et surtout sur les personnes impliquées.

Ce week-end, le ministère a finalement lâché le gros du dossier : 3 millions de pages, 2 000 vidéos, 180 000 images. Toutes ces données proviennent des enquêtes du FBI en Floride et à New York, du procès de Maxwell, et bien sûr des investigations sur la mort d'Epstein.

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Quels noms apparaissent dans les fichiers ?



On retrouve des noms connus, comme celui de Donald Trump (4 500 mentions, c'est beaucoup), mais aussi Bill Clinton, Elon Musk (qui se défend en boucle sur X depuis ce week-end), Bill Gates, le prince Andrew ou encore Casey Wasserman, patron du comité d'organisation des JO de Los Angeles 2028. Mais attention, il faut être très clair : figurer dans ces fichiers ne veut pas du tout dire être impliqué dans les crimes d'Epstein. Beaucoup de noms apparaissent dans des carnets d'adresses, des listes de passagers d'avion ou de simples échanges de mails. Il y a même des personnalités françaises dans le dossier, comme Cédric Villani, Jack Lang, et quelques autres, mais une fois encore, ça ne signifie en rien qu'ils aient quoi que ce soit à voir avec le fond du dossier. Le simple fait d'être dans le carnet d'adresses d'Epstein peut suffire à voir son nom apparaître.

Et qu'est-ce que ça a donné jusqu'à présent ? Eh bien, pas grand-chose pour le moment. Le prince Andrew est celui qui est le plus en difficulté. Le Premier ministre britannique Keir Starmer lui a demandé publiquement de témoigner devant le Congrès américain.

On en dit quoi ?



C'est un dossier complexe et ultra médiatique et politique, qui dure depuis des années aux États-Unis, et on comprend que ça puisse sembler opaque vu de France. Mais bon, même là-bas, personne ne semble y voir très clair. Il faut aussi prendre en compte que le ministère de la Justice a identifié plus de 6 millions de pages liées au dossier, mais n'en a publié que la moitié.

Des élus américains, y compris dans le camp républicain, trouvent que c'est insuffisant. Et puis il y a ce détail qui fait aussi beaucoup de bruit aux US : Todd Blanche, le numéro deux du ministère, a confirmé qu'il n'y aurait pas de nouvelles poursuites. Pour les victimes, dont certaines ont vu leur identité révélée par erreur dans les fichiers publiés, c'est difficile à encaisser. Il y a fort à parier qu'on n'a pas fini d'en entendre parler.