Le satellite Starlink 34343 tourne toujours sur lui-même à 560 km d'altitude. Des images publiées par l'imageur spatial HEO montrent un appareil structurellement intact mais qui est totalement hors de contrôle. Et ce n'est pas le premier de la flotte à jouer à la toupie.
Un satellite qui tient bon, mais qui ne répond plus
Les images publiées par HEO, environ deux semaines après l'incident, sont basse résolution mais assez éloquentes. Le corps du Starlink 34343 reste en un seul morceau, sans cassure visible, malgré l'anomalie qui l'a frappé fin mars. Par contre, il culbute dans le vide, sans aucune stabilité. SpaceX a perdu le contact peu de temps après l'événement et a officiellement classé l'engin en rapid unscheduled disassembly, la formule maison pour désigner un raté inattendu. La société de tracking LeoLabs a de son côté repéré ce qu'elle appelle un fragment creation event, soit la dispersion de dizaines d'objets autour du satellite dans les heures qui ont suivi.
Deuxième épisode en trois mois
Le plus gênant dans cette histoire, c'est que ce n'est pas un cas isolé. En décembre 2025, le Starlink 35956 avait lui aussi explosé en orbite dans des conditions identiques. Deux incidents rapprochés sur la même génération de satellites, ça commence à titiller les spécialistes de la sécurité de l'espace. Les soupçons se portent en fait sur la série V2 Mini Optimized, la dernière itération de la flotte SpaceX. LeoLabs estime que l'origine est très probablement interne au satellite, du côté de la propulsion ou des batteries, et pas une collision avec un débris ou un autre engin.
Un risque limité, mais un risque quand même
Une partie des débris devrait retomber dans l'atmosphère dans les prochaines semaines et se consumer au passage. Les morceaux les plus gros, eux, resteront en orbite plusieurs années avant de redescendre naturellement. Ça reste limité par rapport à d'autres incidents spatiaux, mais le timing est mauvais : la mission Artemis II est en préparation, et chaque nouveau nuage de débris ajoute un peu de tension au calcul des trajectoires. Côté orbite basse, les 8000 satellites Starlink représentent déjà une large part du trafic, et la moindre poussière n'est jamais bonne à prendre.
On en dit quoi ?
Starlink a beau offrir un service Internet qui sauve des vies dans les zones blanches ou en zone de conflit, le rythme des incidents commence à poser question. Deux satellites qui se désagrègent en trois mois sur la génération V2 Mini, ça suggère peut-être un problème de conception quelque part, pas juste de la malchance. On espère que SpaceX communiquera sur la cause une fois l'enquête bouclée, parce que la FAA et les autres régulateurs vont finir par s'agacer. Pour le 34343 lui-même, il finira bien par redescendre tout seul, consumé dans l'atmosphère dans un an ou deux.