Alors que John Ternus vient d’être nommé nouveau CEO d’Apple, entrant en fonction en septembre, un certain nombre de questions se posent sur son mandat. Quels sont les défis qui attendent le nouveau patron d’Apple ?
Siri et IA
Le premier défi est le plus logique et le plus pressant. Avec l’échec d’Apple Intelligence et l’impossibilité d’offrir un Siri correct, John Ternus devra proposer une solution aux problèmes d’IA d’Apple. En effet, la société californienne semble incapable de rivaliser avec ses concurrents. Impossible pour elle, pour l’instant, de proposer une IA générative comparable à ChatGPT ou encore Claude. Apple, la société sans doute la plus puissante du monde, doit faire appel à ses concurrents pour combler ses manques, que ce soit ChatGPT ou bientôt Gemini.
Il est d’autant plus important pour Apple de proposer un assistant de qualité que certains produits sont prêts à sortir, attendant seulement une mise à jour de Siri afin de les exploiter. On pense notamment à la prochaine version de l’Apple TV, le boitier, des HomePod ou encore de nouveaux produits à venir, tel que le HomePad.
Rétention de talents
Autre problème de taille, lié en partie à l’IA, est la difficulté d’Apple pour attirer et retenir les talents. Jusqu’à récemment, de nombreux ingénieurs voulaient travailler à Cupertino, pensant pouvoir aider à créer la prochaine révolution technologique qui fera suite aux iPhone et iPad. Ce faisant, ils pouvaient décliner des offres plus alléchantes au niveau des salaires et des avantages, comme des actions ou la possibilité de travailler à distance, que pouvaient proposer des concurrents comme Meta, Google ou d’autres. Et cela, dans l’espoir de pouvoir travailler sur des projets de pointe et excitants.
Cependant, cela a changé. Avec le départ de Jony Ive, et d’autres, un véritable exode de talents a frappé Cupertino. Il y a comme une crise de confiance, les ingénieurs pensant que, peut-être, le futur s’écrira ailleurs qu’à Cupertino.
À John Ternus de redonner de la foi aux troupes et de proposer des solutions. Je ne serais pas surpris qu’il soit plus flexible sur les conditions de travail, notamment en ce qui concerne le travail à distance. Avec les prix du logement dans la Silicon Valley, cela devient intenable. De plus, avec l’énorme trésor de guerre qu'Apple possède suite aux succès sans précédent de ses produits, on parle de plus de 100 milliards de dollars, rien que ça, Ternus pourrait décider de proposer des conditions financières intéressantes pour attirer des personnes de qualité.
Liquid Glass
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la nouvelle interface des systèmes Apple fait débat. En voulant opter pour des effets de transparence similaires au monde réel avec le verre, cela pose des problèmes de lisibilité. À tel point que, de bêta en bêta, et de version en version, Apple a été obligé de limiter les effets et de proposer des réglages pour moduler les effets de transparence.
En effet, en mettant de la transparence partout, beaucoup d’éléments sont alors difficiles à lire. C’est d’autant plus gênant sur macOS 26 Tahoe, qui semble avoir reçu moins d’attention que son cousin sur mobile. Outre les problèmes de lisibilité, Tahoe est aussi bourré de bugs d’affichage gênants. Il était difficile, par exemple, de redimensionner les fenêtres à cause de leurs coins beaucoup trop arrondis. Les barres de défilement avaient tendance à cacher le contenu, les rendant difficiles à lire et à utiliser.
Heureusement, des mises à jour successives ont limité ces problèmes, mais il en reste suffisamment pour que beaucoup d’amoureux du Mac refusent encore aujourd’hui de passer à Tahoe, et on les comprend.
Néanmoins, le récent départ du patron du design d’Apple, Alan Dye, offre un peu d’espoir. D’autant plus quand son remplaçant, Stephen Lemay, semble être un bon choix. John Ternus devra suivre cela de plus prêt, d’autant plus quand on s’aperçoit que la qualité des logiciels produits par Apple a tendance à baisser ces dernières années.
Nouveaux produits
C’est sans doute le point sur lequel John Ternus est le plus attendu. Quand Tim Cook remplace Steve Jobs à sa mort à la tête d’Apple, tout le monde comprend qu’il n’essaiera pas d’émuler son ami et mentor. C’est même l’une des premières choses qui est largement communiquée : Tim Cook ne doit pas penser à ce que aurait pu faire Steve Jobs. Il doit tracer sa route avec ses propres qualités et compétences.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Tim Cook n’est pas un homme de produit. Il ne va pas passer des heures avec Jony Ive pour discuter la courbure d’un casier, le choix d’un métal ou la sensation en main d’un nouvel iPhone. La spécialité de Tim Cook, c’est la chaîne logistique et la gestion. Il a alors transformé Apple en un bijou de gestion et d’optimisation de production. Et cela a fonctionné au-delà des projections les plus optimistes.
Cependant, le choix de John Ternus comme successeur à Tim Cook raconte une autre histoire. Ingénieur spécialisé dans le matériel ayant fait ses armes depuis plus de 20 ans au sein d’Apple, John Ternus est présenté comme quelqu’un qui s’intéresse vraiment aux produits. On attend de lui alors qu'il propose de nouvelles catégories d’appareils. Nul doute que le fameux iPhone pliant va arriver en fin d’année, présenté par John Ternus lui-même.
Et ensuite ?On parle d’AirPods boostés à l’IA grâce à des capteurs infrarouges. Il semble aussi acté qu’Apple lancera prochainement des lunettes connectées afin de concurrencer les Meta Ray-Ban. Les rumeurs très insistantes sur ce qu’on appelle le HomePad, une sorte d’écran connecté pour gérer la maison, vont bien finir par se concrétiser. De plus, à l’instar des produits mystères de Jony Ive en partenariat avec OpenAI et de l’AI Pin de Humane, Apple pourrait fabriquer une sorte de pendentif intelligent. Vous aurez remarqué que tous ces produits ne seront possibles que si, et uniquement si, Apple réussit à fournir une IA de qualité.
Et cela, c’est sans parler des mises à jour des produits déjà connus et populaires, comme les iPhone, les HomePod, les Apple Watch et j’en passe. John Ternus a du pain sur la planche…
Un environnement politique incertain
Enfin, dernier chantier, et pas des moindres, John Ternus devra gérer avec le plus grand soin ses relations politiques avec les puissants de ce monde, principalement le président des USA et la Chine.
Tim Cook a réussi à avoir une relation normalisée avec un Donald Trump de plus en plus volatile, quitte à lâcher des millions et à faire des cadeaux en or (parce que Trump, comme les pies, adore tout ce qui brille). C’est une de ses réussites, permettant à Apple de naviguer les eaux troubles de l’administration Trump. Nul doute qu’en son rôle de chairman, il aura un rôle à jouer dans les années à venir pour aider John Ternus dans cette partie délicate.
On peut aussi avoir la même réflexion sur le sujet des liens entre Apple et la Chine. Le marché chinois est devenu le premier marché pour les ventes d’iPhone. Et dans le même temps, suite au COVID et aux tensions internationales, Apple aimerait diversifier sa production pour qu’elle ne soit plus tributaire en très grande majorité du géant d’Asie. Comment produire ailleurs, aussi efficacement, rapidement et avec la même qualité dans d’autres pays (comme le Vietnam, le Brésil ou encore l’Inde) sans trop augmenter les coûts et, surtout, sans entraîner la colère de la Chine ? Ce sera l’un des défis de John Ternus, on lui souhaite bonne chance…